18 septembre 2026

Retour en images sur les transferts banquise

Une opération réussie !! Fin des transferts sur banquise entre la piste du Lion et cap Prudhomme. Plus de détails sur son déroulement dans l’article du 1er septembre dernier. Retour en images sur un moment important, tant technique que logistique, pour la station, qui s'est étalé sur plusieurs semaines.

 

Préparation de la route sur la banquise. Photo : Léo Ragheboom (électricien TA76)

 

La route sur la banquise vers cap Prudhomme. Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

 

Transferts de containers sur la banquise. Photo : Léo Ragheboom (électricien TA76)

 

Des manchots curieux, inspecteurs des travaux finis. Photo : Léo Ragheboom (électricien TA76)

 

Les cuves de la piste du Lion, avec la station Dumont-d’Urville sur les hauteurs de l’île des Pétrels, en face.
Photo : Clément Gouget (responsable technique TA76)

 

Les cuves de cap Prudhomme sur la droite et le parking des traineaux-cuves ayant servi au transfert sur la gauche.
Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

 

Une partie de l’équipe technique participant aux transferts. Photo : Clément Gouget (responsable technique TA76)

 

Remorquage de traineaux-cuves servant au transfert de carburant de la piste du Lion à cap Prudhomme.
Photo : Clément Gouget (responsable technique TA76)


Remorquage d’un traineau-cuve servant au transfert de carburant de la piste du Lion à cap Prudhomme.
Photo : Milan Chabin (ornithologue TA76)

 

Remorquage d’un traineau-cuve servant au transfert de carburant de la piste du Lion à cap Prudhomme.
Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

 

06 septembre 2026

Meilleur film de la catégorie Open du WIFFA 2026

Les résultats du WIFFA 2026 sont tombés !

Malheureusement, la compétition a été rude dans la catégorie du 48 Heures (21 films de 21 stations différentes) et la station Dumont-d'Urville n’a remporté aucun prix.

En revanche, le film de DDU pour l’Open a écrasé toute la concurrence (16 films de 12 stations différentes). Nous avons été nommés dans 5 des 6 catégories, et remporté 3 prix !

  • Meilleur film 
  • Meilleur montage
  • Meilleur son
  • 3e meilleure performance
  • 3e meilleurs décors, costumes et accessoires

Nous ne sommes pas peu fiers !

(Vous pouvez retrouver les deux films 2026 de DDU dans un article précédent sur ce blog et tous les films du WIFFA sur le site du festival : https://www.wiffa.aq/en/filmlist)


01 septembre 2026

Transferts sur banquise

Chaque année, une importante opération logistique est mise en place sur les mois d’août et de septembre. Il s’agit de ce qu’on appelle ici les transferts banquise. Le but de l’opération est de transporter quelques containers de la piste du Lion à cap Prudhomme et vice versa, mais surtout de transférer quelque 530 m3 de gasoil entre les cuves du Lion et celles de cap Prudhomme. Le carburant sert au fonctionnement de la station Robert-Guillard sur les hauteurs de cap Prudhomme et une bonne partie est ensuite transférée durant la campagne d’été vers la station franco-italienne de Concordia, lors du Raid logistique. 

Évidemment, cela demande une certaine préparation. Clément, le responsable technique, et Nicolas, le chef de district, ont procédé à de nombreux repérages et sondages de l’épaisseur de la banquise, fin juillet, tout en s’appuyant sur ceux réalisés régulièrement durant l’hiver. Vu le poids des engins qui vont circuler sur la glace, il faut s’assurer que son épaisseur est supérieure à un mètre sur l’ensemble des 5 kilomètres de banquise qui séparent les deux stations. De fréquentes inspections seront menées pour repérer d’éventuels changements d’état de la banquise sur les semaines qui viennent.

Avec Étienne, le mécanicien engins, Clément a ensuite préparé les routes sur la banquise et les accès sur l’île du Lion et à cap Prudhomme, avec l’aide d’une dameuse. La glace est épaisse, mais l’accumulation parfois inégale de neige sur la banquise nécessite plusieurs passages avec la dameuse, pour s’assurer que les tracteurs et les traineaux-cuves (attelages de près de 30 tonnes) puissent circuler sans à-coup. Il faut également déneiger les congères qui se sont formées depuis de nombreux mois aux abords des cuves et des containers sur leurs lieux de stockage. Dans les jours qui viennent, il leur faudra continuer à entretenir ces routes et ces accès en damant régulièrement, surtout après des jours de neige et/ou de vent.

La station Robert-Guillard en premier plan et la route sur la banquise menant à la station Dumont-d’Urville au fond.
Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

Une fois que toute cette préparation est faite, les transferts à proprement parler peuvent démarrer. Comme pour les étapes précédentes, la météo se doit d’être de notre côté. On est donc contraints d’attendre des journées clémentes, plutôt ensoleillées (pour éviter le phénomène dit de jour blanc, quand le ciel couvert rend impossible de distinguer les reliefs) et pas trop venteuses (pour éviter le phénomène de chasse-neige qui diminue fortement la visibilité).

Transferts de containers depuis cap Prudhomme, à leur arrivée sur l’île du Lion. Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

Pour assurer un roulement entre le remplissage, le transport et le dépotage, deux tracteurs Challenger et six traineaux-cuves de 12 m3 sont utilisés. Une équipe est au Lion pour remplir les cuves, une autre à Prudhomme pour les vider, tandis qu’entre les deux, les deux tracteurs font des rotations avec les traineaux-cuves. Une cinquantaine d’allers-retours sera nécessaire pour tout transférer. L’opération de transfert en tant que telle nécessite donc en tout 7 à 8 jours pleins de beau temps.

Arrivée de la première cuve de carburant à cap Prudhomme. Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

Dépotage des cuves à cap Prudhomme. Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

C’est essentiellement l’équipe technique qui est à l’œuvre sur ces transferts, mais une bonne partie de la station est mobilisée pour donner un coup de main, mais aussi en cuisine, au bureau météo, à la radio, les équipes de secours prêtes à intervenir en cas de besoin, etc.

L’ensemble de l’équipe technique de la TA76 (de gauche à droite) : Marc Jezequel (plombier-chauffagiste),
Terry Bouchardon (mécanicien de précision), Etienne Gentilhomme (mécanicien engins),
Ludovic Moreau (électricien), Pierick Daoulas (chef centrale), Mathys Delmere (second centrale), 
Clément Gouget (responsable technique), Ambroise Pottier (menuisier) et Léo Ragheboom (électricien). 
Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

 

29 août 2026

Courts métrages WIFFA 2026

Voici les deux courts métrages produits par l'équipe de DDU pour le WIFFA 2026. Le premier dans la catégorie Open, le second dans la catégorie 48 Heures. Plus d'infos sur le WIFFA dans un article du 16 août.

 


 


  

24 août 2026

Le vent à Dumont-d’Urville : mythe et réalité

Aujourd’hui, pour nous cultiver sur la météo, je laisse la main à Frédéric Miens, climatologue et l’un de deux prévisionnistes météo de la TA76. Merci à Philippe Aliaga, chef de la station météo à DDU et lui aussi prévisionniste, pour sa relecture attentive.

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Dans l’imaginaire météorologique, le climat sur la base scientifique de DDU est caractérisé par de très basses températures et de fréquentes tempêtes de vent. Alors que les hivernants de la TA76 ont parfaitement apprécié la réalité du grand froid polaire, avec à ce jour, un nombre record de 18 journées présentant une température inférieure à -30°C, le précédent record, 15 occurrences, remontait à 1958, qu’en est-il du vent ? Combien de tempêtes, peut-être records, nos valeureux expéditionnaires ont-ils affronté cette année ?

 

En préambule, une petite devinette.

Peut-être seriez-vous curieux de connaître le vent maximal mesuré à DDU ? Nous vous proposons de consulter vos moteurs de recherche préférés ou tout autre ami, à intelligence… non naturelle.

Félicitations ! Vous avez déniché la valeur et la date du record de vent le plus fort mesuré sur la base scientifique française de Terre Adélie. Mais est-ce la bonne réponse ?

Avant de confirmer, ou pas, laissez-nous vous conter l’évolution du record de vent mesuré à DDU.

 

Avant 1981 : du passé faisons table rase

Les anémomètres utilisés avant cette date présentaient l’avantage de mesurer avec justesse les valeurs de vent que l’on rencontre le plus souvent au quotidien, mais se montraient moins performants pour les valeurs extrêmes, surestimant de façon systématique les très fortes rafales.

Avec l’avènement de nouveaux instruments de mesures, plus performants et disponibles depuis 1981, décision a été prise par Météo-France de ne plus exploiter les données antérieures et de définir officiellement l’année 1981 comme année de référence initiale pour établir et classer tous les records de vent mesurés sur l’ensemble de son réseau de stations météorologiques.

Un record de vent est donc obligatoirement postérieur à 1981

Au regret de vous décevoir si votre réponse est le fameux épisode catabatique du 16 juin 1972 et sa rafale maximale estimée à plus de 300 km/h, même si cette valeur est régulièrement mentionnée dans les récits valorisant les plus légendaires de nos héros polaires.

 

A compter de juin 2026 : un changement de référence

Depuis le 16 juin 2026, Météo-France applique un nouvel indicateur : la rafale 3 secondes. Cette nouvelle référence est définie par la plus forte moyenne, calculée sur 3 secondes, des mesures instantanées et non plus, la plus forte des mesures instantanées.

Pour (tenter de) faire simple, précisons que précédemment la rafale maximale était la plus forte mesure instantanée, calculée toutes les 200 ms. Désormais, la rafale maximale est la plus forte valeur de la moyenne calculée avec les 15 mesures instantanées mesurées toutes les 3 secondes.

 

Pourquoi cette évolution ?

- Pour satisfaire une recommandation de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), adoptée et donc mise en œuvre par l’ensemble des services météorologiques nationaux des États membres des Nations unies, dont la France.

- Pour mieux caractériser les épisodes venteux susceptibles de dégâts majeurs. Chercheurs météo et spécialistes divers ont collaboré pour valider le constat qu’une rafale très violente mais très brève, moins d’une seconde, est moins impactante sur les infrastructures et sur le couvert végétal qu’une rafale légèrement moins forte mais perdurant plus longtemps, a minima 3 secondes.

 

Quelles conséquences pour les records de vent mesurés à DDU ?

Une étude statistique, basée sur l’ensemble des records de vent mesurés par Météo-France sur la totalité de ses sites, conclut qu’en appliquant cette nouvelle référence, les nouveaux records calculés (sur 3 secondes) sont environ 10 % inférieurs aux précédentes valeurs.

Il faut donc oublier le record à 244,8 km/h mesuré à DDU le 23 mai 1988

 

Il est pertinent de préciser que deux configurations météorologiques sont à l’origine de vents très forts sur le littoral du continent Antarctique :

- Les vents catabatiques : soufflant les plus violentes rafales mais généralement de très courte durée. La rafale à 211 km/h mesurée en avril 2012, a été recalculée, en appliquant la référence 3 secondes, à 184,3 km/h, réduite donc d’environ 13%.

- Les zones de très basses pressions atmosphériques (dépressions barométriques) : circulant à proximité de DDU, elles génèrent des vents violents et plus constants que les catabatiques. Les records de vent de ce type de situation météorologique sont logiquement moins impactés par la réduction des rafales induites par la nouvelle norme. Par exemple, la tempête Marc, en juillet 2026, est à l’origine d’une rafale instantanée de 190,1 km/h et d’une rafale mesurée sur 3 secondes de 178,6 km/h, soit une réduction d’environ 6 % seulement.

 

Voici enfin la bonne réponse à notre devinette :

Le record de vent à DDU est 214,9 km/h, mesuré le 23 mai 1988

 

 

Conclusion

Les appareils de mesure changent, les méthodes de calcul changent mais ce qui ne change pas c’est le ressenti sur place et le vent est bien un élément qui fait partie prenante de tout hivernage.