08 avril 2026

Pâques rime aussi avec chocolat en Antarctique

A notre plus grand bonheur à tous, nous avons la chance d’avoir un artisan chocolatier comme boulanger-pâtissier parmi nous. Quentin, 23 ans, nous vient de Bretagne, de la région entre Brest et la pointe Saint-Mathieu. Après sa formation en pâtisserie, il est parti travailler à Annecy en Haute-Savoie. C’est aussi là qu’il s’est donné la peine de suivre une formation de boulanger, spécifiquement parce qu’il ambitionnait de faire une mission en Antarctique. C’est ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées, et ça a payé ! Pendant la campagne d’été, quand Estelle notre cheffe de cuisine était épaulée de Pierre, le second cuisine, Quentin faisait essentiellement de la pâtisserie et de la boulangerie. Pendant l’hiver, il épaule maintenant Estelle, tout en gardant un peu de temps pour nous faire des gourmandises. Leur duo est essentiel au moral des troupes.

Quand il n’est pas en cuisine ou en formation avec les équipes pompiers ou sauvetage, Quentin fait partie de ceux qui ont toujours quelque chose à faire : de la lecture, une partie de coinche, une partie de console avec Marc notre plombier, du sport, du snowboard avec Clément à ski sur la petite pente qui descend vers la banquise au nord de l’île des Pétrels, des sorties ornitho avec Milan ou sur la banquise avec d’autres. Avec un profil de coureur de fond (il fait régulièrement des trails dans les Alpes), c’est un pilier de notre Running Club des Pétrels, qui organise régulièrement des courses à pied.

Quentin s’est donc fait une joie (et à nous aussi) de nous proposer toutes sortes de friandises au chocolat, confectionnées de A à Z, pour le jour de Pâques. Nous avons eu droit à des bonbons fourrés au chocolat, des plaquettes de chocolat améliorées, des choux au chocolat. Le clou du spectacle aura quand même été ces demis œufs en chocolat rappelant des manchots, des phoques ou des igloos, sur une banquise en chocolat blanc, formant un puzzle géant (le puzzle étant l’une de nos grandes activités du moment).

Ces œufs en chocolat avaient été cachés pendant la nuit de samedi à dimanche par Quentin et son acolyte Clément, dans quatre bâtiments différents de la station. Charge à nous de les retrouver le jour de Pâques pour ensuite former le puzzle. Étaient également cachés quatre gros œufs avec des indices à l’intérieur pour en trouver un cinquième encore plus gros.

La tradition de Pâques a donc été bien respectée à Dumont-d’Urville, la crise de foie en moins ! Merci Quentin !!

Les œuvres de Quentin pour Pâques. Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

« C’est vrai qu’en cette période de Pâques, avoir fait la formation de chocolatier c’est un petit plus. Ce n’est pas quelque chose qui est demandé pour venir à Dumont-d’Urville sur ce poste, mais mes co-hivernants n’en étaient pas mécontents 😊.

Avoir refait un peu de chocolaterie, ça a surtout beaucoup plu aux copains mais ça m’a aussi fait très plaisir. Je m’éclate toujours autant à faire ces petits montages. Alors je voulais faire un petit clin d’œil à mes formateurs et aux différents patrons que j’ai eus qui m’ont tous apporté quelque chose, et à mes proches qui ont été les premiers testeurs 😉 »

Quentin Stéphan, boulanger-pâtissier TA76 

Quentin Stéphan, boulanger-pâtissier TA76. Photo : Nicolas Puvis (DISTA 76)

 

30 mars 2026

Terry, le roi de l'Adélirium Race

Il y a quelques jours, nous nous questionnions sur le vainqueur du pari de la date d’apparition de la première colonne de plus de 30 manchots empereurs. Avec la date du 22 mars, c’est finalement Terry, notre mécanicien de précision (souvent abrégé “mépré”en langage adélien) qui a le mieux deviné l’arrivée de ces majestueux sphéniscidés. Le prochain pari pourrait être : à partir de quelle température polaire Terry va-t-il arrêter de porter des shorts ? Il fait dans les -10°C ces jours-ci...

Justement, profitons-en pour vous présenter Terry. A 22 ans, c’est le deuxième plus jeune membre de notre TA76 (76e mission en Terre Adélie). Son rôle sur la station est de fabriquer les pièces métalliques ou plastiques que nous n’avons pas en stock mais qui sont nécessaires aux travaux et à la maintenance de ses collègues de l’équipe technique : plombier, électriciens, mécaniciens centrale, mécanicien engins, menuisier. En plus de son sens de l’humour et de la formule bien sentie, on remarque deux choses chez Terry : sa serviabilité (toujours dispo pour déneiger, toujours en short donc, ou pour filer un coup de main à ses collègues) et son dynamisme (toujours prêt pour une activité collective, on ne le verra pas beaucoup rester inoccupé cet hiver !). C’est aussi un sportif hors pair. L’occasion de revenir sur un événement sportif organisé début février : l’Adélirium Race, qu’il a remporté haut la main !

Le principe était simple : la course se jouait par élimination. Nous étions 35 coureurs et coureuses (joli succès de mobilisation pour les organisateurs !) à nous élancer sur un parcours en boucle de 800 mètres, avec 40 mètres de dénivelé, dans un temps donné. Pour prendre le départ de la boucle suivant, il fallait finir la précédente dans les temps. On a démarré par 10 minutes et petit à petit le parcours devait être bouclé en 9 minutes, puis 8, puis 7, etc. Les coureurs pouvaient doser leurs efforts à leur convenance : courir vite pour profiter des minutes restantes au chrono pour se reposer avant le départ suivant, ou au contraire courir lentement mais sûrement. 

Adélirium Race, le 1er février 2026. Photos : Étienne Gentilhomme (mécanicien engins TA76)

Comme vous le devinez, plus la compétition avançait, plus le temps imparti pour réaliser le parcours diminuait. Il fallait donc accélérer la cadence au fur et à mesure. Si un coureur échouait à terminer une boucle, il ou elle était éliminé. La compétition s’est poursuivie jusqu'à ce qu'il n’ait resté plus qu'un seul coureur capable de finir la boucle dans le temps imparti (4 minutes et 15 secondes).

Terry Bouchardon, mécanicien de précision TA76, vainqueur de l'Adélirium Race
Photos : Étienne Gentilhomme (mécanicien engins TA76) et Ambroise Pottier (menuisier TA76)

Et comme vous l’avez compris, ce dernier coureur à tenir le rythme et à terminer la dernière boucle dans les temps a été Terry, qui aura bouclé 27 tours en tout, soit 2h56 de course ! Quelle machine !

L’occasion aussi de saluer et remercier les trois organisateurs du Running Club des Pétrels : les deux comparses Clément et Quentin à la conception et à l’organisation, assistés de Clémence à la réalisation.

Clément Gouget, responsable technique TA76
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Quentin Stéphan, boulanger-pâtissier TA76 (avec Milan au premier plan)
Photo : Étienne Gentilhomme (mécanicien engins TA76)


Clémence Ferrand, chimiste-glaciologue TA76
Photo : Étienne Gentilhomme (mécanicien engins TA76)


27 mars 2026

Exercice sauvetage à DDU

Les hivernants de la station Dumont-d’Urville sont tous répartis, sur la base du volontariat, dans trois équipes de secours : pompiers, sauvetage et aide médicale. Pour être opérationnelles en cas de besoin réel, ces équipes s’entraînent régulièrement.

Comme toutes les semaines, l’équipe sauvetage se forme donc à des interventions et s’entraîne avec des exercices de simulation de secourisme en milieu périlleux. Il y a quelques jours, ces neuf volontaires, encadrés par les deux co-responsables de l’équipe Raphaëlle et Clément, respectivement médecin et responsable technique de la TA76, ont déroulé le scénario suivant : Quentin, boulanger-pâtissier, faisait du snowboard et a chuté dans une pente enneigée derrière le hangar météo. Il s’agissait donc pour le reste de l’équipe de se rassembler, emporter avec eux le matériel nécessaire au sauvetage, accéder à la victime à l'aide de cordes dans ce terrain escarpé, établir le bilan médical auprès du blessé (intense douleur à la cuisse gauche et douleur dorsale diffuse, sans perte de connaissance) et organiser sa remontée en base haute, vers l’hôpital. Antoine, le radio, et Nicolas, le chef de district, ont également participé à l’exercice à leur poste respectif.

L’exercice est une réussite. Chacun s’est mobilisé rapidement. Les différentes techniques apprises précédemment ont bien été mises en pratique. Les communications entre les différents acteurs ont été fluides. Il n’y a pas eu de précipitation et le blessé a été rapidement sécurisé sur un brancard pour être remonté et transporté jusqu’à l’hôpital. L’exercice a permis à nouveau d’acquérir les réflexes et les automatismes nécessaires en cas d’accident réel, dans ce milieu polaire souvent hostile. Comme souvent, c’était aussi l’occasion de repérer des points à améliorer pour les prochains exercices.

 

Quentin Stéphan (boulanger-pâtissier), victime fictive, au pied du hangar météo,
avec l’équipe sauvetage qui se met en place à proximité.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Raphaëlle David (médecin) et Clément Gouget (responsable technique),
les co-responsables de l’équipe sauvetage faisant le point de la situation sur place.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Mathys Delmerre (second centrale), le premier sauveteur sur place
établissant le bilan médical de Quentin en lien avec la médecin.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Étienne Gentilhomme (mécanicien engins) rejoignant Mathys auprès du blessé.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Léo Ragheboom (électricien) et Mathilde Morel (informaticienne),
avant leur descente en rappel vers le site de sauvetage.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Milan Chabin (ornithologue), le cinquième sauveteur se préparant à descendre à son tour.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Clémence Ferrand (chimiste-glaciologue) assurant ses collègues.
Photo : Ambroise Pottier (menuisier TA76)


Léo, Mathys et Clément dans la pente ; Terry Bouchardon (mécanicien de précision),
Raphaëlle, Alexis George (technicien météo) et Clémence assurant la descente en rappel.
Photo : Etienne Gentilhomme (mécanicien engins TA76)


L’équipe sauvetage auprès de la victime fictive, pour le placer sur un brancard.
Photo : Clément Gouget (responsable technique TA76)


Mathys et Léo remontant Quentin, avant son brancardage vers l’hôpital.
Photo : Mathilde Morel (informaticienne TA76)

 

19 mars 2026

Le retour des manchots empereurs

Alors que leurs cousins Adélie ont commencé à déserter notre île des Pétrels en février, les manchots empereurs vont faire leur retour en mars. Les paris ont été ouverts au séjour pour savoir qui devinerait correctement la date exacte de l’arrivée de la première colonne de plus de 30 empereurs. L’an dernier, c’était le 7 mars. Mais en 2026, personne n’a gagné encore puisqu’aucune colonne n’a été aperçue par les multiples scrutateurs. En revanche de petits groupes d’individus commencent à arriver.

Photo : Alexis George (technicien météo TA76)

La question d’après sera sans doute de deviner le lieu de nidification de ces sphéniscidés majestueux. Habituellement ils nichent aux abords du glacier de l’Astrolabe, au sud des Pétrels, sur un site appelé le nunatak du Bon Docteur (nunatak est un terme groenlandais signifiant « montagne » ou « monticule entièrement recouvert de glace durcie »). Etant donné que la banquise est encore bien formée entre les Pétrels et le glacier, il est possible qu’ils élisent domicile plus proche de nous cette année.

Photo : Alexis George (technicien météo TA76)