29 avril 2026

70 ans de la station Dumont-d’Urville (1/2)

Cette année, nous célébrons le 70e anniversaire de la station Dumont-d’Urville. L’occasion d’un coup d’œil dans le rétroviseur pour se remémorer les dates marquantes de la présence française en Terre Adélie. Dans ce premier article, il s’agira de la période entre la prise de possession de la Terre Adélie et le tout début de la station Dumont-d’Urville (DDU). Dans un second article, nous retracerons l’histoire de DDU de 1956 à nos jours.

 

1840

Quittant Hobart en Tasmanie le 2 janvier 1840, l’expédition menée par Jules Dumont d’Urville à la tête des corvettes l’Astrolabe et la Zélée fait route au sud pour s’approcher au plus près du pôle sud magnétique. Il se confronte à une mer parsemée d’icebergs, avant d’apercevoir une terre. Le 20 janvier, une dizaine de marins hissent le drapeau français sur l’actuel rocher du Débarquement ; d’autres effectuent des prélèvements géologiques ou étudient le magnétisme.

Les corvettes poursuivent, sur le chemin du retour, la cartographie de la côte par l’ouest. Il s’agit de la première expédition officielle à poser le pied en Antarctique et à explorer cette région australe située à la frontière entre les océans Indien et Pacifique.

Prise de possession de la Terre Adélie en janvier 1840. Dessin : Louis Le Breton, 1846

 

Fin des années 1940

Suite à la création des Expéditions polaires françaises (EPF) en 1947, une expédition en terre Adélie pour l’été austral 1948-1949 à bord du Commandant Charcot est confiée à André-Franck Liotard. Inachevée en raison d’une banquise infranchissable, une autre est programmée l’année suivante.

 

1950

Le 20 janvier 1950, la TA 03 (troisième mission en Terre Adélie), composée de 11 hommes et 28 chiens, accoste à proximité du cap Margerie avec 250 tonnes de matériel de construction et d’approvisionnement. Les infrastructures préfabriquées sont calfeutrées pour empêcher la neige et le vent de s’engouffrer. Des équipements pour les observations scientifiques sont aussi construits : tour météo, marégraphe, éolienne, abris annexes…

Après 60 jours de labeur, la base, nommée Port-Martin en l’honneur de J. A. Martin décédé au cours du voyage, est inaugurée le 9 avril 1950.

La base Port-Martin en cours de construction en février 1950. Photo : Fonds Yves Vallette

C'est au cours de cet hivernage 1950 qu’est découverte, à 65 km à l’ouest de Port-Martin, dans l’archipel de Pointe-Géologie, une importante manchotière d’empereurs.

 

1951

La mission TA 04 prend le relai en 1951 pour poursuivre l’aménagement de la base Port-Martin et les observations scientifiques.


1952

Pour la mission TA 05, deux équipes distinctes sont formées. L’une autour de René Garcia sera localisée à Port-Martin. L’autre avec Mario Marret s’installera sur l’île des Pétrels à 65 km de là, pour y construire une base annexe (l’ancêtre de DDU) dédiée à l’observation de la colonie de manchots empereurs découverte en 1950.

Le 23 janvier 1952, un incendie détruit complètement le bâtiment principal de Port-Martin, sans faire de victime.

Incendie de Port-Martin, trois hommes, un chien à leurs pieds, observent, impuissants à la fin du sinistre.
Incendie de Port-Martin, trois hommes observent impuissants la fin du sinistre. Photo : Roger Kirschner

René Garcia abandonne alors toute idée d’hivernage à Port-Martin et fait rembarquer le jour même la totalité de son équipe sur le navire baleinier norvégien Tottan, encore à proximité. Ils chargent également du matériel qui pourrait être utile dans la nouvelle base de Pointe-Géologie, où le bateau fait escale le lendemain. Trois membres de l’équipe Garcia décideront de débarquer sur l’île des Pétrels pour y passer l’hivernage avec les quatre hivernants de cette nouvelle base annexe. Sous la direction de Mario Marret, les sept hommes de cette TA 05 ne seront relevés qu’un an après, le 14 janvier 1953.

Construction de la base Marret et l’atelier attenant sur l’île des Pétrels en 1952. Photo : Mario Marret

 

1956

La première expédition de l’Année géophysique internationale (AGI), dirigée par Robert Guillard, débarque le 2 janvier 1956 sur l’île des Pétrels. Cette TA 06 s’installe dans la base Marret, inoccupée depuis 3 ans. Deux semaines seront nécessaires pour décharger les 280 tonnes de matériaux et de vivres depuis le Norsel, navire norvégien au mouillage dans l’anse du Pré.

Opérationnelle en avril 1956, la station Dumont-d’Urville (DDU) est constituée de deux bâtiments préfabriqués métalliques type Fillod, sur la partie haute de l’île, qui rassemblent l’essentiel des équipements pour vivre et faire fonctionner la station. Ces structures permettent à la fois de prévenir du risque incendie et d’optimiser le temps de montage. L’île accueille aussi divers abris scientifiques.

Construction d’une des deux fillods en 1956. Photo : Fonds Yves Vallette

La présence à DDU sera alors continue avec des missions polaires tous les ans.


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