09 mars 2022

Faisons connaissance (1ère partie)

Maintenant que l'hivernage est en place, faisons connaissance avec l’équipe de la TA 72. 

Initialement constituée à 22, ce sont finalement 21 personnes qui ont regardé partir la dernière rotation de l'Astrolabe et ont désormais en main pour quelques mois les destinées de la station Dumont d'Urville et des programmes techniques comme scientifiques qui y sont conduits. 

Quelques données chiffrées pour commencer : 

- De 19 à 56 ans, une moyenne d'âge de 31 ans, quatorze sur vingt et un ont moins de 30 ans,

- Trois sont salariés de Météo France, trois autres du ministère des armées, un de l’administration des TAAF et quatorze sont en contrat avec l'IPEV.

- Notre équipe se constitue donc de trois militaires et dix-huit civils. 

Enfin, deux sont engagés dans le Tour de France des Compagnons du Devoir.

Pauline MARCEL/Institut Polaire Français

Commençons par le benjamine de l'équipe, Zoé la boulangère/pâtissière. Avoir 19 ans et débuter sa vie professionnelle par une année en terre Adélie, c'est plus qu'un rêve, c'est un conte de fée. Son job ? Juste indispensable : contribuer  au maintien du moral des hivernants par ses réalisations. Mais encore ? Animer le comité des fêtes....Et là aussi, ça cartonne !

Céline DUPIN/TAAF

Jimmy, le "biologiste écologue" du programme 109, son activité est égale à sa passion : les animaux. Après un master 2 de "biologie évolutive" à la Sorbonne, il passe à DDU une année de mise en pratique, au contact quotidien des oiseaux (manchot empereur, manchot Adélie, pétrel géant d'Antarctique, pétrel des neignes, skua, fulmar....). Sa seconde passion ? Nous faire découvrir son univers professionnel.  

Iban FERNANDEZ/Institut Polaire Français

Lucie la menuisière. Engagée dans le parcours des Compagnons du Devoir au titre du métier de charpentière, c'est son septième "changement de ville" . Agée de 20 ans, c'est l'une des trois filles de l'équipe. Un mystère demeure : ultra résistante au froid, elle est souvent en short/tee shirt....Vient-elle d'une "terra incognita" ?

Audrey A./Marine Nationale

Etienne dit le "Lidar", un Master 2 de physique fondamentale et un diplôme d'ingénieur de "Supoptique" en poche (Bordeaux/Paris Saclay), il travaille souvent la nuit, la voute étoilée est son quotidien. Avec son laser vert, il fait notamment "parler" les pollutions atmosphériques dues à l'homme mais aussi à la nature (aérosols volcaniques.....). Il s'occupe aussi de la neige fraiche et.....de nombreuses autres tâches scientifiques.

Lucie VIVENSANG/Institut Polaire Français

Bastien, le plombier chauffagiste de l'équipe. L'Antarctique et Dumont d'Urville il connait, c'est son second hivernage. Autant vous dire qu'aucun réseau d'eau ou de chauffage de la base n'a de secret pour lui. Une expérience précieuse pour l'équipe et un humour décapant, c'est l'homme de tous les bons tuyaux du District de terre Adélie....

Céline DUPIN/TAAF

Camille, le technicien radio. Il a la lourde charge de maintenir en état les installations de communication avec le reste du monde, ce qui nous permet notamment de vous parler. C'est notre trait d'union avec la civilisation, l'homme qui relie les Hommes. Il veille également en permanence à notre sécurité à tous, dès que nous sortons de la base.

Jean-Philippe GUERIN/TAAF

Vianney, l'adjoint "centrale électrique", est issu de la marine marchande pour laquelle il a navigué sur toutes les mers du monde. Il a la charge avec son chef, de maintenir en fonctionnement 24h - 7/7 la production électrique, gage de chauffage, d'eau chaude et d'eau potable : le minimum indispensable à la vie humaine en Antarctique !

Pauline MARCEL/Institut Polaire Français

Samuel dit "le Mépré" (pour mécanicien de précision). C'est notre second Compagnon du devoir engagé dans le Tour de France au titre de la spécialité "outilleur/usineur/mécanicien de précision". Il peut (presque) tout faire, tout réparer, tout construire. Organisateur de chasses au trésor à ses heures perdues....

Guillaume DUCLAUX/institut Polaire Français

Céline la toubib dite "la Bib ou maman pour certaines". Anesthésiste/réanimatrice, mais aussi le temps du séjour, généraliste, chirugienne, dentiste, gynécologue, radiologue, psychologue....elle sait tout faire ou presque. Passionnée de photos et de montagne, elle veille comme la prunelle de ses yeux à la santé des hivernants, toujours prête au cas où....

Lucie VIVENSANG/Institut Polaire Français

Bertrand, le technicien instrumentation météo. Son boulot ? Maintenir en état et réparer si besoin tous les instruments de Météo France nécessaires aux mesures et aux prévisions météorologiques. Et à DDU ce n'est pas une mince affaire quand on connait les conditions extérieures extrêmes...C'est également le spécialiste des ballons de radio-sondage.

Pauline MARCEL/Institut Polaire Français

Iban, "l'électronicien sciences". Un touche à tout de génie passé par les Beaux Arts, aussi compétent en couture qu'en électronique, en peinture acrylique qu'en imprimante 3D, en maniement de la tronçonneuse sur glace qu'en humour déglaçant. C'est le responsable sur place de sept programmes scientifiques pour lesquels il réalise toutes les mesures.

Céline DUPIN/TAAF

 Je vous laisse souffler, la suite de l'équipe au prochain épisode......

06 mars 2022

La tempête "Gaëtan"

A peine l'hivernage avait-il débuté avec le dernier départ de l’Astrolabe le lundi 28 février, que l'hiver s'est imposé à DDU, comme une conjonction des calendriers humain et naturel. Bien annoncée par notre équipe de météorologues, la tempête "Gaëtan", (prénom de notre chef Centrale, cf un article antérieur pour explications) s'est abattue sur DDU dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 mars. La station Dumont d'Urville est représentée par le point noir au centre de l'image satellitaire, ce qui donne une idée de l'importance du système dépressionnaire...

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Si la prééminence de bâtiments séparés est un gage de sécurité en matière de lutte contre l'incendie, ça devient tout de suite beaucoup plus compliqué dès lors qu'il s'agit de se déplacer par très forts vents. On comprends vite l’utilité des rambardes sur les passerelles (ici du dortoir vers le séjour) et des gants pour s'y accrocher.....

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

Les congères de neige qui se transforme en glace, se forment dans les lieux "les moins ventés", parce qu'ailleurs ça souffle si fort que la neige ne peut pas rester sur place.

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

La rafale maximale a été atteinte au cours de la nuit de vendredi à samedi avec une pointe à 188,6 km/h. Comme cela est visible sur le graphique, ça a soufflé fort durant toute la nuit, faisant trembler le dortoir, empêchant même de dormir ceux dont la chambre se situait directement exposée au vent. Bousculés dans leur lit, un peu comme sur l'Astrolabe, certains ont pensé revivre la traversée depuis Hobart...

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Le tout accompagné de températures très fraiches, puisque le mercure est descendu à -11,7°, ce qui avec le vent donnait un "petit" -25° en ressenti. Inutile de vous dire que personne n'avait envie de mettre le nez dehors, sauf obligation vitale.

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

Puis, samedi après midi, les nuages ont laissé la place à un beau soleil, toujours accompagné de vents forts (120 km/h à 16h), permettant aux plus courageux ou aux plus inconscients (c'est selon) de sortir pour admirer le spectacle de la nature, notamment à l'embarcadère et faire le tour des installations pour en vérifier l'état.

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

A son tour et à sa manière, la nature a souhaité à la TA 72 une bonne entrée en hivernage.....

03 mars 2022

Le dîner d'entrée en hivernage

Il est des moments qu'il ne faut pas rater, des instants qui doivent marquer les esprits et remplir la boite à souvenirs. Ce lundi 28 février 2022, il fallait célébrer comme il se doit, l'entrée dans l'hivernage par un fort moment de convivialité. Un menu de fête !

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

La table a été dressée, les nappes installées, il est 20h, le show culinaire peut commencer par un nuage de petits pois à la menthe.

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Aux manettes, Jérôme le cuisinier-intendant et Zoé la boulangère-pâtissière, qui arbore pour l'occasion sa toute nouvelle coupe d'hivernage. Ils ont fait fort ces deux-là pour cette soirée si particulière.

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Sous l'oeil attentif et professionnel de Céline notre toubib, qui surveille les travaux et l'hygiène en cuisine (accessoirement gouteuse mais ne le répétez pas).....

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Ils sont tous là, pas un ne manque à l'appel, y compris Lucie la menuisière, qui officie derrière l'objectif (promis, elle n'était pas débout sur une table dont les pieds ne tiennent pas)

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Ils l'ont réclamé et ils l'ont eu le petit discours d'introduction du Dista......pour resituer si besoin était, les enjeux et la particularité du moment.

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Nicolas l'électrotechnicien, très attentif, semble boire les paroles ou être totalement perdu, c'est au choix......

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Puis, vient le temps des choses réellement sérieuses. La cuisine, la nourriture sont un élément essentiel du moral de nos hivernants. Le binôme en cuisine a bien fait les choses. En entrée, duo de tartare de la mer (thon/saumon).....

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

 ...suivi d'un filet de bœuf pané aux ceps et ses accompagnements.....

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

 ...les végétariens ne sont pas oubliés......

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

...et pour finir un café ou thé gourmand. Que du bonheur !

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

 Il y avait de la joie dans les regards.

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Une bien belle soirée pour marquer ce moment que nous sommes tous venus chercher e terre Adélie, dans cette aventure professionnelle, humaine et personnelle hors du commun.

Lucie VIVENSANG/ Institut Polaire Français

Vous l'aurez compris, il y a quelques petites choses importantes pour le moral des hivernants. Je vous avais parlé dans un article précédent du courrier, vous l'aurez compris l'alimentation en est une autre.

Le moment tant attendu

Vendredi 25 février 2022, contraint par un fort coup de vent annoncé, l'Astrolabe a quitté pour la dernière fois de la campagne d'été 2021/2022, le quai de la piste du lion. Et ce ne sont pas les quelques "glaçons" en surface qui l'ont gêné.....

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

Lundi 28 février, c'est le grand jour. Les derniers campagnards d'été des bases Dumont d'Urville et Robert Guillard quittent la terre Adélie. Une petite photo souvenir en compagnie de quelques hivernants au niveau de l'embarcadère dénommé "l'abri côtier".

Lucie VIVENSANG/TAAF/Institut Polaire Français

Pendant ce temps là, les derniers démontages ont lieu pour ranger le matériel et préparer l'hivernage des moyens et des installations non nécessaires. Ici, le démontage du quai.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

L'hélicoptère est rudement mis à contribution une dernière fois pour transborder matériels et personnels en provenance de la base Robert Guillard, soit en direction de la piste du Lion.....

Lucie VIVENSANG/TAAF/Institut Polaire Français

 .......soit directement sur l'Astrolabe qui croise à proximité.

Alban S./Marine Nationale

L'embarquement des campagnards se fera cette fois-ci par zodiac. Un dernier salut aux hivernants. Il y a de l'émotion et des yeux humides...

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

L'Astrolabe croise à proximité, ce qui laisse le temps tout de même de jeter un dernier coup d’œil à la base, le tout sous un soleil resplendissant et une température un peu frisquette de -9°.....

Lucie VIVENSANG/Institut Polaire Français

Puis vient le moment tant attendu : l'entrée en hivernage. Il est 13h15. Les 21 hivernants ont rejoint le haut de la base et saluent comme il se doit (et avec ce qu'ils ont) l'Astrolabe qui s'éloigne. Fumigènes et fusées pour un "au revoir" émouvant. Quelques échanges radio pour se dire....qu'on n'a pas eu le temps de tout se dire et c'est parti. Nous sommes désormais seuls pour 8 mois, sur ce petit bout de terre. Quoi qu''il arrive, quoi qu'il se passe, ça se traitera entre nous et avec nos seuls moyens.

Camille FEVRIER/TAAF/Institut Polaire Français

 Parallèlement, l'Astrolabe s'éloigne de la base pour n'y revenir que dans huit mois, en novembre prochain....si tout va bien.

Alban S./Marine Nationale

Il ne reste plus qu'à sortir le champagne et fêter ce début d'hivernage. Le moment tant attendu est là, nous y sommes. Ce que nous ressentons à ce moment précis ? Désolé.....ça ne se raconte pas, ça se vit !

Iban FERNANDEZ/Institut Polaire Français

Dans un prochain article, je vous parlerai du diner qui a suivi, puis nous ferons connaissance avec l'équipe des hivernants de la 72ème mission polaire française en terre Adélie, autrement dit la TA72.

24 février 2022

Le postier de DDU

La base Dumont d'Urville possède le bureau de poste français le plus au sud du globe. La gérance postale (GP pour les intimes) est l'une des missions d'un hivernant en poste pour une année. En terre Adélie, c'est le chef du BCR (bureau communications radios) qui s'en occupe. Et ce n'est pas une petite tache, ni la moindre de ses activités...!

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

Entre les courriers et colis arrivants comme partants principalement pour les hivernants, auquel il faut ajouter les plis des philatélistes du monde entier qui sollicitent des envois de timbres des TAAF (très prisés) ainsi que les cachets postaux très originaux, le gérant postal ne chôme pas, notamment lors de la campagne d'été. Tout le courrier transite par le bateau l'Astrolabe lors des cinq rotations "estivales".

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

Cette saison 2021/2022, c'est Laurent qui occupe la fonction de gérant postal. L'accès facilité à l'internet depuis DDU ne dissuade pas l'envoi de courriers postaux qu'il faut bien relever dans l'unique boite aux lettres mise en place. Vous noterez la tenue "règlementaire" du facteur : la vraie chasuble "La poste" et.....les charentaises. Tenue validée Institut Polaire, les charentaises sont dans la dotation vestimentaire de l'hivernant.

Camille FEVRIER/TAAF/Institut Polaire Français

Comme toute agence postale, il y a un travail d'oblitération du courrier partant, à la petite exception près qu'au tampon dateur habituel, Laurent rajoute de nombreux tampons personnalisés, commémorant une fonction, un évènement ou tout simplement une personne de l'équipe.

Camille FEVRIER/TAAF/Institut Polaire Français

Ci-dessous, quelques exemples de tampons personnalisés (médecin, ornithologue, météorologues, menuisière de la mission 72).....

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

Quant aux philatélistes, ce sont plusieurs milliers d'envois par an qui sont nécessaires pour répondre à leurs sollicitations. Souvent méticuleux, ils accompagnent leurs paiements, de consignes très précises quant au choix et à l'emplacement d'apposition des timbres et des cachets.

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

A l'occasion d’évènements particuliers, la gérance postale peut même créer des enveloppes personnalisées qui deviendront des "collectors" pour philatélistes passionnés (une dizaine de fois par an en moyenne).

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

La philatélie (autrefois appelée la timbrologie) représente une véritable activité pour l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), cette administration éditant en partenariat avec le groupe "La Poste", une quinzaine de nouveaux timbres chaque année.

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

Quelques exemples de timbres des TAAF particulièrement prisés.

Laurent GIRERD POTIN/TAAF/Institut Polaire Français

Loin de l'anecdote ou du folklore, la philatélie et la gestion du courrier (essentiel au "moral des troupes") sont des activités indispensables et des secteurs d'excellence pour les TAAF.

(merci à Laurent, le gérant postal de la TA 72, pour sa précieuse contribution à cet article)

20 février 2022

Les ballons de radio-sondage

8h45 à DDU, comme un rituel, la station de Météo France, servie par Adrien l'ingénieur, Emmanuel et Bertrand les deux techniciens, lance dans l'atmosphère un ballon de radio-sondage. Au même instant, dans quatorze autres sites en France métropolitaine et outre-mer, a lieu un lancer identique. 

Ce radio-sondage permet d'établir un profil vertical de l'atmosphère, du niveau de la mer jusqu'à 25 km environ, en relevant chaque seconde environ, la pression, la température, l'humidité et le vent.

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Les informations sont transmises en direct au sol via les ondes radio, aussi bien à la montée qu'à la descente du ballon après éclatement et viennent compléter et calibrer les données satellitaires. 

La sonde, après initialisation sur un banc de calage, calibrage et vérifications, est placée dans un petit container isolant destinée à la protéger.

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Entre les mois de mars en novembre, lorsque certaines conditions météorologiques bien particulières sont réunies, la station Météo France de DDU procède également au lancer de sondes plus volumineuses dans la stratosphère (jusqu'à 35 km). Ces sondes sont destinées à mesurer la concentration d'ozone (ce qui permet de suivre et mesurer le fameux trou de la couche d'ozone).

Mickaël BITEAU/Météo France/Institut Polaire Français

Le ballon est préalablement  gonflé dans son hangar, bien à l’abri du vent et des intempéries, les lancers ayant lieu tous les jours, sauf pour des raisons de sécurité si le vent moyen dépasse les 70 Kt (environ 130 km/h).

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Le ballon est gonflé à l’hélium, ce qui lui permet de grimper à une vitesse ascensionnelle de 5 m/seconde. Lorsqu'il arrivera à son altitude maximale, compte tenu de la diminution de la pression extérieure, le ballon mesurera environ 8 mètres au moment de son éclatement.

Audrey A./Marine Nationale/Institut Polaire Français

La sonde est fixée au ballon via un dérouleur de fil de 25 mètres environ, qui se déplie durant les premiers mètres de l’ascension, jouant un rôle d'amortisseur en cas de vent fort, pour limiter les risque de collision entre la sonde et le ballon.

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Après s’être assuré que l'hélicoptère n'est pas en vol (ce serait ballot une collision entre un ballon et un hélicoptère !), le personnel désigné procède au lâcher. C'est un moment délicat et stressant, car compte tenu des conditions météorologiques qui règnent à DDU, tous redoutent un choc avec le sol ou un bâtiment.

Compte tenu de l'isolement de DDU, le lancer du ballon est encore humain, comme Kerguelen et sur trois atolls dans le Pacifique. Partout ailleurs, il a été automatisé.

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Un instant presque de grâce, auquel tout le monde peut participer. C'est une tradition à DDU, chaque personne peut lâcher "son ballon"  sous la surveillance attentive d'un personnel météo.

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Le ballon mettra un peu moins de deux heures pour atteindre les 25 km d'altitude et les données recueillies permettront d'alimenter le réseau d'observations météorologiques mondiales, utile aux modèles de prévision du temps. DDU contribue donc à fiabiliser les prévisions météorologiques.

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

En ce mois de février 2022, aux alentours du 24 février, sera lancé le 23.000ième ballon depuis que la Météorologie Nationale puis Météo France opèrent à DDU.

(article rédigé avec la collaboration d'Adrien, Emmanuel et Bertrand de Météo France, un grand merci).