13 février 2022

Le P137

Le programme IPEV 137 Ecophy-Antavia, plus communément appelé P137, est un programme scientifique qui s'intéresse à DDU aux capacités adaptatives des oiseaux marins face aux changement environnementaux. C'est un programme de suivi à long terme du manchot Adélie.......

Nicolas LECOMTE/Université de Moncton/Institut Polaire Français

 ....de sa majesté le manchot empereur ....

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

....et de l'océanite de Wilson.

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français  

Pour la campagne d'été 2021/2022, l'équipe du programme se composait de cinq personnes, Nicolas le responsable canadien, May Li vétérinaire,Isabelle étudiante américaine, Adélie vétérinaire et Téo un doctorant.

Nicolas LECOMTE et Téo BARRACHO/Université de Moncton/Institut Polaire Français

Le suivi et l'observation de la colonie peut se faire de manière visuelle depuis un observatoire dans lequel prend place l'ornithologue....

Téo BARRACHO/Institut Polaire Français

....par caméra (sur la passerelle, une guérite d'observation et en arrière plan le bureau du laboratoire appelé "Biomar", pour biologie marine).

Jean Philippe GUERIN/TAAF/Institut Polaire Français

Le suivi des manchots Adélie est également assuré de manière automatique par un système appelé « ANTAVIA » (sorte de "passerelle à manchots"), qui détecte les entrées et sorties de la colonie de manchots munis d’une petite puce électronique, tout en enregistrant leur masse à chaque passage. Ce système recueille ainsi des informations sur la durée des séjours, à terre comme en mer, pour chaque individu et sur la quantité de nourriture que les manchots acquièrent en mer.

Céline LEBOHEC/Université de Strasbourg/Institut Polaire Français

Le suivi s'effectue également par la pose d'
enregistreurs électroniques miniatures dénommés « loggers ». Scotchés sur le dos des manchots pour une durée de quinze jours environ, ils sont programmés pour enregistrer
à intervalles réguliers, la position GPS, la pression, la température et l’accélération.

Adélie KRELLENSTEIN/Institut Polaire Français

Les données brutes sont ensuite analysées et renseignent de nombreux paramètres telles que les zones d’alimentation, la fréquence et la durée des plongées, la profondeur des plongées et même la dépense énergétique des individus.

Téo BARRACHO/Institut Polaire Français

Le suivi des populations aviaires consiste également à effectuer des mesures à intervalles réguliers sur les animaux. Ici, une campagne de marquage (pose d'un transpondeur) au cours de laquelle les poussins Adélie sont mesurés avant leur départ (bec, ailerons, taille, poids....et prise de sang).

Emmanuel LINDEN/Météo France/Institut Polaire Français

Le transpondeur (et un logger avec l'échelle) permettra de suivre l'animal tout au long de sa vie.  

 

Téo BARRACHO/Institut Polaire Français

Parfois, la nature nous réserve quelques surprises, comme ce manchot Adélie aux couleurs....inhabituelles, présent cet été à Dumont d'Urville.

Adélie KRELLENSTEIN/Institut Polaire Français

Présents tout autour de l'Antarctique, le manchot Adélie mesure en moyenne 55 cm, pèse de 3 à 7kg et vit une vingtaine d'années. A DDU d'octobre à mars, la femelle pond en général 2 œufs par saison de reproduction.

Adélie KRELLENSTEIN/Institut Polaire Français

 Pour la campagne de suivi 2021/2022, le record de plongée enregistré s'établit à -110 mètres (record maximal mesuré à -200 mètres). Dans quelques semaines, l’ensemble des manchots Adélie aura quitté la terre Adélie pour quelques mois. Ce même programme 137 mène des recherches similaires dans les îles australes françaises, à Crozet et Kerguelen, permettant ainsi de comparer les données récoltées.

(Un grand merci à Téo, Université de Strasbourg-CNRS, Centre Scientifique de Monaco et Université de Moncton/Canada, pour ses explications techniques).

10 février 2022

La troisième dimension en terre Adélie

L'hélicoptère est indissociable de la base polaire Dumont d'Urville. Chaque été, un hélicoptère au moins, est présent depuis la première rotation de l'Astrolabe (R0) et y demeure jusqu'à la dernière (R4). Depuis quelques années, c'est la société Canadian helicopters qui est titulaire du marché.

Audrey A./Marine Nationale/ Institut Polaire Français

Michel le pilote français, en plein briefing avec la Marine Nationale : une solide expérience en l'Antarctique et presque 14.000 heures de vol au compteur...

Audrey A./Marine Nationale/Institut Polaire Français

 Serge, le mécanicien canadien et son accent chantant...

Audrey A./Marine Nationale/Institut Polaire Français

L'hélicoptère, produit par "Airbus Hélicoptère", est de type Écureuil B3, le plus puissant de la flotte. Il peut soulever jusqu'à 1200 kg de charge externe.

Pauline MARCEL/Institut Polaire Français

Michel passe ses journées à survoler le glacier de l'Astrolabe et l'archipel de Pointe Géologie. Plus qu'un travail, une passion. Jamais blasé.

Pauline MARCEL/Institut Polaire Français

L'hélicoptère est utilisé pour toutes les activités, techniques, scientifiques comme logistiques. Ici, du transport de charges (une moto neige)....

Audrey A./Marine Nationale/Institut Polaire Français

 ....ou des futs de kérosène, entre la piste du lion où ils sont livrés par l'Astrolabe et la DZ basse, lieu de stationnement de l'aéronef.

Audrey A./Marine Nationale/Institut Polaire Français

Il est également utilisé pour transporter les scientifiques lors des sessions photos de comptage des manchots ou des opérations sur le glacier...

Lucien GOULET/Institut Polaire Français

....ou encore transporter le béton qui sert à couler les assises du nouveau bâtiment de glaciologie. L'hélicoptère en terre Adélie, c'est la "bête de somme" qui permet de déplacer le fret et les personnels entre la piste du lion, la base basse et la base haute, entre les sites de Dumont d'Urville et de Robert Guillard lorsqu’il n'y a plus de banquise.

Nicolas PERNIN/Institut Polaire Français

"India Victor" au décollage sur la DZ de la base haute. Au milieu des bâtiments, la vie extérieure s'interrompt temporairement pour assurer la sécurité.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

C'est enfin le moyen de rejoindre le brise glace lorsque celui-ci n'est pas accosté au quai du lion. C'est parfois le dernier regard des partants, l'ultime coup d’œil.... mais quel coup d’œil !

Serge BEGON/Institut Polaire Français
 

09 février 2022

L'au revoir et les adieux

Puisqu'il faut bien que ça s'arrête un jour, pour certains c'est à R3, le lundi 7 février, que la mission a pris fin. A DDU, tout commence et finit au bâtiment 31, le séjour, notre lieu de vie collective. Le temps d'un dernier café, d'une ultime carte postale n'est-ce pas Yann.....

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

 ....d'un sourire Lucien, d'un clin d’œil, d'une accolade appuyée, d'une embrassade....

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Ce qui est certain, c'est qu'il y a de l'émotion dans l'air. L'occasion aussi pour Thomas de présenter le tableau de mission de la TA 71.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Puis, partants et accompagnants rejoignent par la passerelle, l'embarcadère (l'abri côtier) pour enfiler les combinaisons de survie de "type Guantánamo".....

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Pas toujours très simple mais indispensable pour rejoindre en zodiac, l'Astrolabe qui croise au large. L'eau est à -1,2°.....ce n'est pas le moment de jouer !

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Il y a de l'ambiance, de la cohésion. Les équipes ont passé de quelques semaines à quelques mois sur place, pour certains presque une année et demi (15 mois).

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

 Jérémy a tout essayé pour rester, on a fini par le retrouver malgré son camouflage.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Le toubib de la TA 71 au départ, heureux et à l'aise dans sa combinaison....L'heure de la délivrance a sonné, le devoir accompli.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

 Le temps d'un dernier signe pour May Li....

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

 Le même Jérémy retrouvé et équipé, prêt à son tour.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Une dernière photo. A DDU, tout va plus vite que dans la vraie vie, les relations comme l'émotion. Les cœurs se serrent, les yeux s'humidifient......un dernier appel du Dista, il est temps d'y aller.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

Un ultime salut, un dernier "au revoir" crié et l'embarcation de la Marine Nationale s’éloigne pour rejoindre le brise glace, emportant des amours, des amitiés, des fraternités d'Antarctique.....mais aussi et surtout des souvenirs et des images plein les yeux.

Céline DUPIN/TAAF/Institut Polaire Français

On ne quitte pas vraiment tout à fait la terre Adélie......on y laisse une part de soi, le sentiment d'avoir vécu quelque chose de fort et de géant. Ainsi va DDU !

Un léopard à DDU

On en parle beaucoup mais on le voit peu. C'est dire si ce lundi 7 février en milieu d'après midi, lorsque l'information a été donnée par le premier témoin, une partie de la base a accouru : un léopard de mer rode dans l'anse du lion ! On scrute, on observe, on patiente et soudain....l'animal surgit sous nos yeux, à moins de 10 mètres !

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Faisant partie de la famille des phoques présents en Antarctique, c'est un mammifère carnivore qui peut mesurer jusqu'à 4mètres et peser plus de 500 kilos.

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Il est majestueux, reste quelques minutes en surface avant de plonger et se tapir pour attaquer ses proies par surprise. Ce n'était pas le moment cet après midi là, de mettre un manchot à l'eau.......Dommage pour celui là !

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Le léopard de mer, ainsi surnommé en raison des taches qui recouvrent son corps, peut engloutir quelques dizaines de manchots par jour, qu'il attrape essentiellement en bondissant sur les rochers ou la banquise, plus rarement dans l'eau.

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Nous avons donc assisté pendant quelques dizaines de minutes à un festin, le léopard tuant ses proies en les déchiquetant et les projetant.

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Féroce, c'est un prédateur solitaire qui se nourrit de poissons, de krill et de juvéniles des autres espèces de phoques. Il ne rechigne pas non plus à s'approcher de la colonie des manchots d’Adélie à DDU, au moment où les poussins commencent à partir à l'eau.

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Alors que certains sollicitaient il y a peu encore, l'organisation d'une nouvelle baignade dans l'anse du Lion, la motivation semble s'être brutalement émoussée.....bizarre !

Jimmy ALLAIN/Institut Polaire Français

Un magnifique spectacle de la nature comme la terre Adélie sait nous en offrir régulièrement.

07 février 2022

Les hommes qui font parler les pierres

Nous avons la chance à DDU durant la campagne d'été, de vivre au milieu de scientifiques en mission. Dimanche 6 février après midi, c'est à la géologie qu'une partie des personnels présents s'est consacrée.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Guidés par Guillaume et Josselin, tous les deux géologues à l'Université de Nice-Sophia Antipolis, nous avons été initiés aux particularités des roches de l’archipel de pointe géologie.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Nous avons ainsi découvert que les rochers sur lesquels nous marchons tous les jours, racontent une histoire. Que l'alternance des couleurs, grises, noires, rouges, l'orientation comme les formes des veines, témoigne d'un passé.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Que pour ceux qui savent les lire, ce qui est le cas de nos deux géologues, on peut expliquer la formation des continents ou encore dater la tectonique des plaques.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Comprendre à quelle profondeur et à quelle chaleur ont été exposées ces roches dont la composition révèle des matières qui ont été en fusion, fusion sans laquelle nous ne pourrions obtenir ces formes biscornues.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

En déduire dès lors, la période de formation puis la durée de remontée à la surface terrestre. Qu'il suffit de lever la tête pour voir l'alternance des veines rouges et des veines grises.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Comprendre que le continent Antarctique, notamment pour sa partie orientale dont fait partie la terre Adélie, date de 1,7 à 2,5 milliards d'années. Avec de très belles pierres incrustées dans la roche.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Mais aussi apprendre que nous ne connaissons que les roches périphériques du continent, le reste étant enfoui sous plusieurs kilomètres d'épaisseur de calotte glaciaire.

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Nous découvrons, ci-dessus (roche ronde grise pigmentée de noir) comme ci-dessous (roche ronde grenat), quelques moraines apportées et roulées par les glaciers, laissant imaginer d'autres histoires de roches venues du centre du continent antarctique

Serge BEGON/Institut Polaire Français

Nul doute, que nous ne regarderons plus les rochers sous nos pieds, de la même manière désormais. Merci à nos deux géologues.