26 janvier 2023

Suivi du glacier de l'Astrolabe - Mission SEIS-ADELICE 2023

 

Objectif du projet IPEV SEIS-ADELICE: étudier la dynamique du glacier de l’Astrolabe en Terre Adélie en enregistrant la sismicité glaciaire induite par la fracturation du glacier, son glissement basal et latéral, l’activité hydrodynamique sous-glaciaire et ses interactions avec l’océan sur lequel il flotte. 

Pour la campagne d’été de janvier 2023, l’objectif était de déployer un réseau de nodes sismologiques sur la ligne d’échouage du glacier de l’Astrolabe (le lieu où il passe de posé sur le continent à flottant sur l’océan).

Le déploiement du réseau de 50 capteurs sur une surface de 2x2 km2 sur la ligne d’échouage du glacier a nécessité un travail en 2 cordées de 3 personnes durant 3 jours. Démontage du réseau et récupération des nodes après 3 semaines d’enregistrement. 

 

 

Dépose hélicoptère du matériel et des personnels sur le glacier de l’Astrolabe.



 

Cheminement sur le glacier de l’Astrolabe, encordés avec Pierre Rizzardo, guide de haute montagne.

Progression encordée sur la rive droite du glacier, fortement crevassée.

 


Installation d’un node sismique dans la glace, à 50 cm de profondeur, ses trois composantes verticale, N-S et E-W bien orientées dans le référentiel géographique grâce à une bulle et à l’utilisation d’un gnomon qui permet de retrouver le nord géographique à partir de l’azimut du soleil à un instant donné.

 


Après installation, chaque node enfoui dans la glace est localisé par GPS mais également par deux bambous ancrés dans la glace.


 

Carte du réseau de 50 nodes SEIS-ADELICE et des 2 stations large bande (AST11 et AST12) déployés en janvier 2023, au-dessus de la ligne d’échouage du glacier (lignes rouge et orange, selon deux modèles). Les stations GNSS du projet DACOTA (PI E. Le Meur) sont indiquées en bleu et suivent les déplacements horizontaux et verticaux du glacier depuis plus d’une décennie.  

 

 

Carte d’ensemble du réseau sismologique SEIS-ADELICE, avec les stations large bande sur la glace stable autour du glacier (en rouge) et le réseau temporaire de nodes sur sa ligne d’échouage (jaune). 

Sont également prévues en 2023 l’installation de deux stations large bande sur les ilôts Gouverneur et Curie pour compléter le dispositif.

 En mer, un petit réseau de stations sismologiques sous-marines (OBS) a été déployé entre les île du Lion et Curie au Nord de DDU (OBS1 à 4).

 

 


Texte et photos : Guilhem BARRUOL, CNRS/IGE Grenoble

 



20 janvier 2023

Etude de la démographie des manchots Adélie de Dumont d'Urville

 


Le manchot Adélie est l’espèce d’oiseau la plus abondante de l’archipel de Pointe-Géologie, avec 43 000 couples reproducteurs recensés au début de la saison.

 

Valentin Guillet©Institut Polaire Français

 Ce chiffre est relativement stable depuis quelques années, après avoir augmenté entre 1990 et 2010. À Dumont D’Urville (DDU), les manchots Adélie se portent donc plutôt bien, même s’ils ne sont pas à l’abri des conséquences des changements climatiques.

 

Laurent Le Guiniect©TAAF

 La population du secteur australien de Mawson, à 3000km à l’Ouest de DDU, a par exemple perdu la moitié de ses effectifs en seulement dix ans, alors qu’elle suivait jusque-là une trajectoire similaire à celle observée en Terre Adélie.

Valentin Guillet©Institut Polaire Français

Pour les manchots Adélie, leur présence à DDU  rime avec reproduction. Celle-ci commence fin octobre, avec l’arrivée des mâles et des femelles à la colonie. Les couples se forment et les deux partenaires construisent leur nid jusqu’à la ponte d’un ou deux œufs, mi-novembre.

 Après 34 jours d’incubation, les poussins éclosent et les parents se relaient pour aller chercher de la nourriture en mer, et garder les poussins à terre pour les protéger des skuas et du froid.

Valentin Guillet©Institut Polaire Français

 La croissance des poussins est impressionnante : d’une centaine de grammes à l’éclosion, ils peuvent atteindre les 5kg en à peine deux mois ! 

Laurent Le Guiniect©TAAF

Début janvier, les poussins sont assez gros pour être laissés seuls, ce qui permet aux deux parents de partir en mer en même temps, et de ramener ainsi la nourriture nécessaire pour supporter la croissance des poussins.

 Les poussins se rassemblent alors en groupes appelés « crèches ».  Cette année, la première crèche a été observée le 05 janvier, soit deux jours plus tôt que l’année précédente.

La prochaine grande étape dans le cycle de vie des manchots Adélie sera le départ en mer des poussins, en février. Ils auront alors perdu leur duvet, et partirons en mer avant de revenir se reproduire là où ils sont nés, entre 2 et 5 ans plus tard. 

Valentin Guillet©Institut Polaire Français

Au cours de cette période, leur probabilité de survie oscillera autour de 50%. Une fois à l’âge adulte, leur survie atteindra les 80%, ce qui est un schéma caractéristique chez les espèces longévives (les manchots Adélie peuvent vivre plus d’une vingtaine d’années).

Ces données démographiques sont issues d’un suivi individuel à long-terme, en place à DDU depuis 2006. Chaque année, tous les poussins nés dans la colonie ANTAVIA sont pucés par les biologistes du programme IPEV 137. 

Lorsqu’ils retournent à la colonie pour se reproduire, ils sont détectés grâce à un système d’antennes, et ce sont ces données qui sont ensuite analysées pour calculer les taux de survie mentionnés plus haut.

 

Rédaction : Téo Barracho – Doctorant programme 137 ECOPHY- ANTAVIA

14 janvier 2023

Il reste de la banquise

 Nous sommes mi-janvier et l'île des Pétrels n'est toujours pas coupée des proches îlots de l'archipel de Pointe Géologie.

Extrait du compte-rendu mensuel de l'équipe MeteoFrance de DDU

Ce petit bout de banquise nous permet de prolonger les sorties et les balades pendant les temps libres, mais reste sous surveillance pour éviter toute mauvaise surprise.

Ainsi le chef de district de Terre Adélie (le DISTA), doit vérifier l'épaisseur de la glace et l'évolution des fractures qui apparaissent, en particulier après une forte houle et/ou des vents violents.

©Laurent Le Guiniec-TAAF

Exemple de fracture ©Laurent Le Guiniec-TAAF


Vue sur le glacier l'Astrolabe à partir du Pré ©Laurent Le Guiniec-TAAF

Fin de la banquise côté ouest du Pré ©Laurent Le Guiniec-TAAF

Idéalement le DISTA est accompagné lors de ces reconnaissances, ce qui permet de partager l'analyse de la banquise auprès des campagnards et hivernants.

En toute logique ce dernier espace de promenade va disparaître et il faudra attendre l'arrivée de l'hiver pour envisager de longues "sorties banquise" pour se dégourdir les jambes.


Vue du pack au large de la Terre Adélie le 6 janvier 2023 ©Réseau Sentinel - MétéoFrance

10 janvier 2023

La science à Dumont d'Urville

 Chaque année de nombreux programmes scientifiques sont menés à Dumont d'Urville, et c'est bien pour cela que la base existe depuis plus de 70 ans.

Aussi pour présenter les programmes en cours et les personnes qui les mettent en œuvre, Grégory, coordinateur scientifique de l'Institut Polaire Français Paul Emile-Victor, a proposé de réaliser des posters qui sont maintenant affichés dans le séjour.

Et puis chaque jeudi soir, l'un des programmes est à l'honneur avec le "jeudi de la connaissance". Ainsi chaque scientifique peut présenter son programme aux campagnards et hivernants et expliquer les finalités des actions menées sur la base.

 Ces soirées ont beaucoup de succès et suscitent de nombreuses questions de la part de l'assemblée.

Laurent Le Guiniec©TAAF

Les premiers posters :


 





04 janvier 2023

Un Léopard au Lion

A Dumont d'Urville, le Lion est l'endroit où accoste l'Astrolabe et c'est aussi un des lieux privilégiés par les manchots pour rejoindre la mer.

Lundi dernier, Titouan, en pleine préparation logistique pour l'arrivée prochaine de l'Astrolabe, aperçoit un léopard de mer . Le message est passé par radio et nous assistons à la chasse au Lion ...par le léopard. .

Laurent Le Guiniec©TAAF

Sous le regard des manchots Adélie, le léopard patrouille le long de la banquise.Il ne tarde pas à capturer un manchot qui malheureusement n'aura pas la possibilité de s'échapper.

Céline Dupin©TAAF/IPF

Céline Dupin©TAAF/IPF

Il est difficile de résister à une telle mâchoire.

Laurent Le Guiniec©TAAF

Et c'est sous le regard de quelques Adélie que le léopard de mer finira son repas.

La puissance du prédateur est impressionnante et ne nous incite pas à organiser la baignade traditionnelle de DDU.

Pour en savoir plus, voici un extrait du livret d'identification de la faune des TAAF, disponible ici :

Livret d'identification de la faune des TAAF

©TAAF


©TAAF






02 janvier 2023

Jeunes manchots Adélie ( la suite)

 Comme promis voici quelques photos des jeunes manchots Adélie. Leur croissance est impressionnante.

Laurent Le Guiniec©TAAF

Laurent Le Guiniec©TAAF

Laurent Le Guiniec©TAAF

Un prochain article reviendra plus précisément sur les données démographiques des manchots Adélie à Dumont d'Urville et sur l'avenir des ces boules de duvet.