10 septembre 2020

Lendemains de débâcle (1)

A la suite de la débâcle de lundi, il était évidemment important d'aller rapidement contrôler l'état de la banquise restante. De quoi constater l'ampleur des changements, mais également de redécouvrir les lieux qui nous entourent, le tout sous un magnifique soleil et une quasi absence de vent rendant ces moments magiques.

L'eau libre va désormais jusqu'au Lion - Photos : Régis GLIERE

Les manchots semblaient eux-mêmes décontenancés, se regroupant avant d'aller à l'eau.

Au fond, l'île de la Dent, désormais entourée d'eau

Les îles IFO, FRAM et Hélène sont également en eau à présent, toute la banquise du nord-ouest étant partie :

Vu de près, on voit bien que la glace part par plaques, avec des cassures très nettes qui correspondent aux anciennes lignes de faille.

Alain observe la polynie. Au premier plan, l'eau est déjà figée, avec l'apparition de frasil

Le même endroit vu depuis l'une des îles des Poissons


Dans l'anse du Lion, l'eau arrive désormais à la limite nord de la piste, rendant notre piste vers Prudhomme inutilisable !

Un petit tour sur les hauteurs du Cap Prudhomme justement permet d'apercevoir l'île du Gouverneur, deuxième plus importante de l'archipel après celle des Pétrels, désormais elle-aussi à moitié entourée d'eau.

Pensez-vous qu'un nouvel engel est encore possible ? Début de réponse au prochain billet !

09 septembre 2020

Débâcle imprévue !

Ce lundi, nous étions tranquillement en train de prendre le café après le repas de midi quand tout à coup déboule notre chef météo François G. :

"Débââââclllle !!"

Incrédules, nous sommes aussitôt sortis du séjour pour découvrir l’inattendu durant cette journée bien calme, légèrement cotonneuse avec la neige tombant doucement.

Photos de l'article : François GOURAND. Retrouvez le récit de cette journée sur son blog à cette adresse.

Vue au nord depuis le dortoir

Cela s'agrandit à vue d’œil...

... Mais que se passe-t-il ?

Vu de plus près : une large polynie est en train de se former !

Adieux sorties aux îles Dumoulin, Florence, Curie :(

Pourquoi avons-nous été surpris ? Parce que les débâcles interviennent en principe à la faveur d'épisodes tempétueux, conjugués à un redoux par exemple. La houle a certes un effet majeur sur la banquise, mais celle-ci était bien formée, la première polynie étant située à presque 20km.

L'explication a été donnée par François, à l'aide des modèles ci-dessous :

"La responsable de la débâcle spectaculaire qui s'est produite aujourd'hui est la forte houle venue de l'Océan Austral.

Sur les cartes jointes, on voit sur le modèle européen de vagues/houle une zone de forte houle avec des vagues de 10-12m au large de DDU hier dimanche à 10h locales. 



Sur les cartes suivantes, on voit 6h après la houle se rapprocher de nous en s'atténuant à peine (8-10m sur une vaste zone), zone qui vient taper la bordure nord du pack, pile au nord de notre zone, hier soir à 22h. 

 

Cette forte houle s'est propagée dans le pack jusqu'à nous pendant la nuit, arrivant chez nous vers la mi-journée ce lundi, avec le résultat que nous avons maintenant sous les yeux ! La banquise, si épaisse soit elle, a été soulevée par cette puissante houle qui a provoqué de la casse."



C'est donc un épisode riche d'enseignements : les conditions météo locales sont insuffisantes pour savoir avec certitude s'il est raisonnable de partir en sortie. Même par temps calme, une banquise solide peut se briser en une heure ou deux, comme nous l'avons vu cette fois. Celle-ci mesurait en effet entre 1m30 et 1m40 d'épaisseur, n'avait cessé de s'épaissir depuis mars, sans aucun épisode de débâcle, et semblait très sûre. Une sacrée leçon !

08 septembre 2020

Le retour du Käss !

Comme chaque année au mois de septembre vont avoir lieu les transferts entre la piste du Lion, sur laquelle sont stockés cuves à gasoil et containers, et la base annexe située au Cap Prudhomme (de son nom officiel "base Robert Guillard").

Ces opérations sont bien rodées, ainsi que le décrivait Hélène, la DisTA de la TA 68 il y a deux ans dans cet article.

Et c'est donc tout récemment que le Kässborher, une dameuse, a été ramené sur la base. Voilà de quoi être fier pour Corentin notre mécano et Pol le second de la Centrale.

Bien arrivés ! - Photo non créditée

 Regardons un peu la bête de plus près :

Et la voici à présent prête à être révisée !

Au loin, on distingue bien la piste tracée entre Prudhomme et Pétrels.


La suite des opérations est désormais lancée : retour du tracteur Challenger, qui sert à tracter les cuves ; préparation du site d'installation des cuves ; aménagement de la piste. Ensuite pourront débuter les opérations de transfert à proprement parler.
 
Cette année, c'est pas moins de 482m3 de gasoil qu'il faut transférer, qui seront ensuite acheminés à Concordia par le raid en novembre prochain. De quoi bien occuper tout le mois à venir !

02 septembre 2020

Attention aux rivières !

La banquise est un espace dangereux, parce que séduisant mais plein de pièges. L'un des risques les plus avérés provient des cassures de celle-ci, appelées "cracks" (terme consacré) ou "rivière" (terminologie adélienne). De quoi s'agit-il ? Sous l'effet des courants et de la houle essentiellement, la banquise travaille, se plie, rompt, se fissure, etc. ; bref, elle est rarement homogène aux abords des iles, d'un berg ou de la langue glacière. Typiquement, toutes les iles sont entourés de glace soulevée, de crevasses plus ou moins profondes, de souilles (remontée d'eau) ou autres pièges.

Forme générale d'une rivière (extrait du manuel américain antarctique)

Les rivières traversent quant à elles la banquise plane, par exemple d'une île à une autre, comme celle qui revient chaque année entre les Pétrels et les Poissons. Elles évoluent généralement en s'élargissant jusqu'à la débâcle, qui voit la banquise partir par plaques au niveau de ces cassures.

La rivière qui relie l'île des Pétrels (là où est installée la base) et le groupe d'îles dits des Poissons (vers l'ouest) correspond à la cassure ultérieure de la banquise lors de la débâcle (Photo : webcam MétéoFrance - novembre 2010)

 Où est donc le piège ? Eh bien, si certaines sont inratables, comme celle en photo ci-dessous, c'est loin d'être le cas de toutes.

Rivière reliant le glacier et l'île Florence - voir aussi cet article précédent. Le vêlage de celui-ci début juin a largement agrandi les rivières du coin, au point que celle-ci est en eau au milieu (la bande sombre) malgré le froid (-25°c) -  Photo : Bastien DUBET

Le risque principal vient du fait qu'il suffit d'un peu de neige pour que la rivière soit presque totalement masquée. Et pour couronner le tout, l'accumulation de celle-ci a tendance à réchauffer la glace, par un effet de pont thermique (elle l'isole de l'air frais).

Illustration : regardez-bien ci-dessous : un berg sympathique, l'île Bernard... voilà de quoi profiter d'un beau paysage...

Photos : Régis GLIERE

Où est le danger ?

 Hum hum ...

Gare aux flâneurs !

Et c'est encore pire en dégageant un peu la neige : la rivière est en eau...

... et est tout sauf étroite !


Voilà pourquoi nous sortons toujours avec un bâton pour sonder devant nous dès que nous ne sommes pas sûrs de l'endroit où nous allons. De façon générale, nous devons également éviter de sortir après une chute de neige. Heureusement, pour le moment, les températures oscillent toujours autour de -20°C et limitent l'effet pont thermique. Nous avons aussi eu la chance cette année d'avoir une banquise très stable, qui s'est formée rapidement - voir ces articles : ici, ici, et ou encore par exemple -  et n'a cessé de se renforcer depuis.
 
C'est donc lorsque le temps va se radoucir et la banquise se fragiliser par l'effet des tempêtes qu'il faudra redoubler de vigilance. En attendant, nous bénéficions de l'allongement des journées pour bien en profiter !

31 août 2020

Ils sont de retour ! [MàJ 31 août]

Nous avons reçu récemment un courriel de François, notre chef météo : "ils avaient quasiment disparu depuis la fin avril, soit près de 4 mois déjà". De quoi parle-t-il ? Indices ci-dessous :

Photos : François GOURAND


 Réponse demain soir !

[MàJ 31 août]

Réponse : les UV ! Les photos ci-dessus montrent la station de mesure d'infoclimat.fr, que notre chef météo a installée cette année. Il est possible de suivre en direct les mesures qu'elle délivre ici :

 
Explications de François : 
 
"Aujourd'hui [le 18 août dernier, ndlr] la petite station météo que j'ai installée l'été dernier sur le toit de la Gérance Postale a mesuré à nouveau un indice UV non nul, avec 0.5 !

En réalité il y a toujours eu du rayonnement ultraviolet, même en plein hiver, mais avec un soleil particulièrement rasant, l'intensité de ces rayons était très faible, et ne posait donc aucun problème de santé.

Ce retour des UV qui vont être, avec l'intensité solaire, de plus en plus forts dans les prochaines semaines, indique qu'il va falloir bientôt songer à se protéger du soleil. Le sujet est d'autant plus important qu'en fin d'hiver, c'est la période de destruction saisonnière de la couche d'Ozone polaire, ce qui fait que le rayonnement UV peut être particulièrement fort quand on se trouve sous un trou dans la couche d'Ozone stratosphérique. Ces jours là, on mesure des pics d'indice UV au sol. "
 
L'été dernier, l'indice UV atteignait couramment 6 à la mi-journée. Nous voilà donc prévenus !

28 août 2020

Festival du film Antarctique : DDU distinguée deux fois !

Chaque année se tient au mois d'août le festival du film Antarctique, intitulé WIFFA (acronyme de Winter International Film Festival of Antarctica). De quoi s'agit-il ? 

Le principe est que chaque base participante, incluant les îles subantarctiques anglaises et françaises (Cro, Ker et Ams), réalise un ou plusieurs films d'une durée de cinq minutes environ. Deux catégories existent :

  • L'Open : il s'agit de la catégorie libre, dans laquelle chacun peut donner libre cours à son imagination
  • Le 48h : dans cette catégorie, il faut réaliser un film le temps d'un seul week-end. Doivent obligatoirement apparaître 5 items / actions, dont la liste est diffusée lors du coup d'envoi de ce marathon.

Cette année, DDU a participé dans les deux catégories, avec deux réalisations :

  •  A strange addiction pour le 48h
  •  You shall not doubt pour l'Open

Et les résultats des votes sont tombés dimanche soir, lors de la première retransmission live organisée depuis Concordia, qui prenait cette année en charge l'organisation du Festival.

 

Eh oui, vous avez bien lu : les réalisations de DDU sont nominées 4 fois (sur 9 catégories) et remportent pas moins de deux premières places !! Bravo également à Amsterdam et Crozet pour leurs résultats (retrouvez ici l'article de Crozet sur leur tournage)

Nouveauté cette année : Concordia a vu les choses en grand, en créant un site proposant à la diffusion les réalisations. Vous pouvez donc y retrouver nos productions. :

https://www.wiffa.aq/en

Merci à eux et à leur exceptionnel investissement. De l'avis de nombreuses bases, la soirée en live, bien que limitée par le débit actuel de notre connexion, nous a permis de ressentir pleinement l'impression d'être embarqué dans une sorte de communauté Antarctique. L'un des principes fondateurs du Traité de Washington, à savoir faire du continent un espace partagé transcendant les différences nationales, était particulièrement vivant ce soir là.

Retrouvez ci-dessous quelques captures d'écrans de nos films.

You shall not doubt : que se passe-t-il sur cette base ? Un curieux mystère semble se cacher derrière les paysages somptueux de DDU

Le mystère de la chambre 12

Aurélien Dupré sous surveillance ...

Mais ... ?

... Oups !

!!!!
 

 A strange addiction : cette année, les 5 éléments qui devaient figurer dans le film étaient :

  • Un son : a wet slap, littéralement une claque humide. Exemple donné : son que fait une personne frappée par un poisson.
  • Un objet : a stretcher = un brancard
  • Une citation : "you stay a littler longer... baby !"  = variation autour de la chanson "wait a little longer baby" de H. Thompson, censée correspondre à l'esprit d'un vrai hivernant souhaitant profiter au maximum de son passage en Antarctique
  • Un personnage célèbre : Bruce Lee

  • Une action : prendre un repas tous ensemble

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, l'utilisation des cinq éléments a été particulièrement appréciée, notamment le coup de génie de l'un d'entre nous avec les céréales, qui nous a valu le prix du "best use of the 5 elements".

Miam miam !
 
Que se passe-t-il ?!

Mais qui est ce sauveur ? Vous en saurez plus en vous rendant sur le site de la manifestation !

Alors, cela vous a plu ?

25 août 2020

Photo du jour : aurore devant le dortoir

Que se passe-t-il à DDU lorsqu'on l'on sort en pleine nuit devant le dortoir et que le ciel est dégagé ? Réponse ci-dessous !

Crédit photo : un hivernant noctambule

 Et pour ceux qui ont la chance de dormir du côté nord, il n'y même pas besoin de sortir de leur chambre !

24 août 2020

Photos du jour : tortues

Le phénomène des tortues est un comportement caractéristique des manchots Empereurs. Lorsque le froid est trop vif, ceux-ci forment des groupes denses leur permettant de s'en protéger, qui font penser aux formations romaines du même nom (qui étaient paraît-il inspirées des Gaulois). La température au cœur du groupe peut atteindre 37°C !

Photos : Alexis CARRON (juin 2020)

Les manchots font des roulements. De quoi laisser penser qu'ils sont altruistes et organisés ? Pas forcément. Comme l'indique Wikipédia : "les écologistes du comportement animal privilégient une explication bien plus « individu-centrée ». En effet, puisque s’immiscer jusqu’au centre de la tortue parait difficile du fait du regroupement très compact des individus, les manchots à la périphérie qui font directement face au blizzard auront tendance à contourner et à se positionner derrière le groupe pour se protéger du vent. Après un certain temps, les individus initialement au centre vont donc se retrouver exposés à leur tour au blizzard et vont changer de position, et ainsi de suite. Le comportement de formation en tortue serait donc basé sur des stratégies individuelles pour l’accès à la chaleur"

 
L'étude de ce phénomène présente également un intérêt scientifique. C'est ainsi qu'un programme franco-allemand l'étudie à Neumayer III, la base antarctique allemande. Il est porté notamment par la responsable de l'un des programmes français d'études des manchots présent en terre Adélie, à Crozet et aux Kerguelen, le n°137 "écophy", dirigé par Céline Le Bohec. 
 
La base allemande Neumayer III - Photo non créditée
 
Cette base est située en terre de la Reine-Maud (zone de revendication norvégienne), qui appartient à la façade australe de l'Antarctique, c'est à dire la partie du continent qui fait face à l'Afrique du sud. On y accède d'ailleurs notamment en avion depuis Le Cap et l'aérodrome de Troll, à proximité de la base norvégienne du même nom.

Terre de la Reine-Maud, zone de revendication norvégienne - Source : Wikipédia

Un article de National Geographic présente les travaux qui y sont menés. Les chercheurs y ont installé un système de caméras fonctionnant toute l'année et pouvant être piloté depuis la base. Ils peuvent alors déterminer les températures à partir desquels les manchots se mettent en tortue. Intérêt ? C'est un marqueur de l'état de santé des oiseaux : plus ils sont maigres, plus la température déclenchant leur regroupement sera élevée. Le manchot sert donc d'espèce "éco-indicatrice" : s'ils sont maigres, c'est que, à condition de banquise égale, leur nourriture s'est raréfiée ou qu'ils ont été perturbés. Autrement dit que la surexploitation liée à la pêche ou le développement du tourisme impactent trop leur milieu de vie.

Photo : Alexis CARRON

Très peu de colonies d'Empereurs existent à proximité immédiate d'une base antarctique. Nous mesurons donc bien la chance immense d'avoir celle-ci à nos portes et la nécessité de la protéger des effets négatifs de l'activité humaine.

22 août 2020

Des nouvelles de l'Aurora Australis

Celles et ceux d'entre vous qui suivent de près l'actualité Antarctique se souviennent sans doute que l'arrivée de la TA70 a été un peu mouvementée cette année, à la suite de l'avarie qu'à subi l'Astrolabe en novembre dernier. La première rotation de l'année, dite "R0", avait dû être annulée.

Mer et Marine : l'Astrolabe en avarie (novembre 2019)

Heureusement, nous avions pu gagner le continent début décembre, comme prévu initialement, grâce à l'excellente coopération avec les Australiens. Ces derniers avaient pu mettre à disposition leur mythique navire, l'Aurora Australis. C'est cela, l'esprit de l'Antarctique : favoriser la coopération entre nations pour faire de ce continent une "réserve naturelle consacrée à la paix et à la science (article 2 du Protocole de Madrid).

L'Aurora Australis tanké au nord de la base à R1 - Photo : Alain MATHIEU

Celui-ci, lancé en 1989, a assuré la desserte des bases australiennes pendant près de 30 ans. Il devait alors être mis à la retraite prochainement, pour être remplacé par un brise-glace flambant neuf, le Nuyina (article à venir).

Pendant les opérations logistiques - Photo non créditée

Eh bien nous avons eu dernièrement des nouvelles du navire grâce à un article de la chaîne nationale publique australienne "ABC News", qui indique que celui-ci serait prêt à être vendu à l'Argentine pour ses propres besoins - le pays possède de nombreuses bases en Antarctique de l'ouest, en particulier en Péninsule.

Alarm raised over possible overseas sale of the retiring Aurora Australis icebreaker

Au départ de Tasmanie le 1er décembre - Photo : Régis GLIERE

L'article relate notamment l'émoi de certains amoureux de l'Aurora, qui souhaiteraient voir le navire racheté pour en faire un musée flottant à Hobart dédié à l'Antarctique.

Pendant notre traversée des redoutables 50èmes hurlants !

De notre côté, nous avons particulièrement apprécié la traversée sur ce bateau, qui offrait malgré son âge des prestations plus qu'honorables : salle de sport, de détente, de cinéma et ... repas gargantuesques !

17 août 2020

Photo du jour : nourrissage

La photo du jour date du 17 juillet dernier, et son auteur est une nouvelle fois Alain MATHIEU, notre chef technique.

J'ai faim, j'ai faim ! Photo : Alain MATHIEU

 A peine nés, les pioupious réclament leur pitance. C'est le mâle qui assure cette tâche. En effet, sa compagne part se ravitailler en mer aussitôt qu'elle a pondu, celui-ci se chargeant alors de la couvaison jusqu'à l'éclosion. En attendant le retour de sa belle, il donne à son petit tout ce qu'il lui reste.

Les choses étant bien faites, le retour des femelles est synchronisé avec les éclosions. Cette année, celles-ci ont débuté le 5 juillet, avant de connaître leur pic entre le 20 et le 25 juillet. Quant aux premiers retours des femelles, il a eu lieu à la fin du mois de juin.

On comprend donc bien pourquoi il est capital que la banquise ne soit pas trop étendue : si les parents doivent parcourir une trop longue distance pour rejoindre la colonie, le risque qu'ils ne reviennent pas à temps ou avec assez de nourriture est important. Pour le moment, les conditions sont a priori très bonnes cette année, si vous avez bien suivi nos derniers articles.