Bienvenue sur le blog officiel du district de Terre Adélie, un des cinq districts des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF).
Ce blog est tenu par le Chef de District depuis la station Dumont-d'Urville, en Antarctique.
Bonne lecture !
Les longues nuits polaires sont l'occasion pour les photographes de réaliser de beaux clichés de la lune, et de profiter des éclairages si particuliers du crépuscule.
Vous trouverez ci-dessous une première série de photos sur cette thématique.
La course à pied sur la glace de mer a déjà fait l’objet de plusieurs articles en 2017, que vous pouvez retrouver ICI, ICI et ICI.
La mission TA71 compte également quelques amateurs de "running", qui ont pu s'initier, depuis la consolidation de la banquise, à la course sur la glace.
Le vent a soufflé en moyenne (en jaune sur le graphique ci-dessus), entre 100 et 130 km/h et les rafales (en gris) entre 130 et 180 km/h avec une pointe maximale à 206 km/h.
Les déplacements entre les bâtiments sont périlleux pendant ces périodes et il faut se cramponner solidement, à deux mains, aux rambardes qui longent les passerelles.
Un œuf de manchot Empereur pèse environ 465 g et mesure à peu près 12 cm de long pour 8 cm de diamètre. La coquille est très épaisse.
Afin d'éviter le contact avec la glace, le manchot Empereur conserve son œuf sur ses pattes et le recouvre d'un repli de peau afin d'y conserver une température de 30 °C environ.
La vidéo ci-dessus a été tournée il y a quelques jours dans la colonie de l'archipel de la Pointe Géologie, par Camille MERMILLON, qui étudie les manchots Empereur pour le compte du programme 109 "Ornithoéco".
Hier samedi 15 mai a eu lieu un exercice d'entraînement complet au sauvetage sur banquise, de la recherche de la victime au rapatriement et à la prise en charge à l'hôpital.
Tous les hivernants ont été mobilisés. Température -26°C - 15 nœuds de vent.
Le scénario de l’exercice était le suivant : le Dista (le chef de district) est parti courir seul sur la banquise autour de l'île des Pétrels, comme l'autorise le périmètre de sécurité (zone 1).
Pris d'un malaise (douleur à la poitrine et difficulté à respirer), il a juste le temps de prévenir la radio et d'indiquer approximativement sa position, en l’occurrence au sud de l'île, avant de s'évanouir.
Thomas, le médecin, organise un rapide briefing et distribue les rôles. Pendant que l'équipe N°1, les "lièvres" - deux hivernants entraînés et rapides - partent en premier rejoindre la victime...
... l'équipe n°2 (le médecin et un équipier) et l'équipe n°3 se rendent au local "rescue" (local de secours) pour récupérer le matériel lourd (photo ci-dessous).
Arrivés sur les lieux, les "lièvres font un premier bilan, transmis immédiatement par radio au médecin (victime inconsciente, qui respire, sans blessure apparente).
Le temps de mettre la victime en position latérale de sécurité, l'équipe numéro 2 (médecin plus un hivernant) arrive sur les lieux.
La barquette est tractée sur la banquise par 3 secouristes. En temps normal, ce serait un véhicule type "Kubota" qui serait directement venu mais les circonstances du jour ne permettent pas à l'engin de sortir de l'île des Pétrels.
En effet, l’épaisseur de la glace n'est pas encore suffisante pour tenter une sortie, mais surtout les banquettes (zones de fractures qui entourent l'île) sont en eau à cause de la marée haute.
Enfin une fois le pied sur l'île des Pétrels, il est possible de charger la barquette sur le Kubota pour franchir les 400 derniers mètres en montée, avant d'arriver sur la base haute.
Le Kubota se gare au plus près de bâtiment 42, où se trouve l'hôpital.La barquette dans laquelle se trouve la victime est transportée directement en salle de soins.
Quatre membres de l'équipe médicale ont préparé l'hôpital pendant le temps du rapatriement de la victime et les premiers soins peuvent être donnés sans perdre de temps.
La surveillance de la glace de mer est une activité constante sur la base Dumont-D'Urville. Son étendue, son évolution, sa solidité sont suivies par plusieurs moyens, du classique sondage à la tarière aux images satellites les plus sophistiquées.
A cette période de l'année, les photos satellites classiques, comme celle ci-dessus, ne sont plus disponibles car il fait nuit au moment des prises de vues.
Heureusement, il existe un moyen très efficace de visualiser la banquise grâce à une paire de satellites de l'agence spatiale européenne (ESA), dénommée Sentinel-1.
La mission Sentinel-1 est une constellation de deux satellites. Chaque satellite pèse 2300 kg et est équipé d’un instrument radar de pointe pour fournir des images de la surface de la Terre en tout temps, jour et nuit, même avec une couverture nuageuse.
Positionnés à 693 km d'altitude, ils produisent des clichés en plan large qui permettent d'évaluer très facilement l'étendue de la glace de mer et du pack au large de DDU (cf. photo ci-dessus)....
...et d'une qualité suffisante pour zoomer sur l'archipel et calculer les distances vers les polynies les plus proches.
Sur la photo ci-dessus, on remarque que la polynie est à 7,8 km de DDU, distance que parcourent, en ce moment, les femelles manchots Empereur pour repartir se nourrir en mer après la ponte.
"Pour mémoire, les deux satellites qui composent la mission Sentinel-1 ont été lancés à partir de Kourou, en Guyane Française, à l'aide de fusées Soyouz.
Date: 3 avril 2014 - Sentinel-1A, 25 avril 2016 - Sentinel-1B"
Malgré des rafales de vent à plus de 100 km/h, les hivernants de la base Dumont D'Urville se sont réunis au pied du mât des couleurs pour la commémoration du 8 mai 1945.
Le message de Geneviève DARRIEUSSECQ, ministre déléguée auprès de la ministre de Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, a cependant été lu, bien au chaud, à l'intérieur du séjour.
"Pour mémoire, le 8 mai est aussi la date anniversaire du décès de Jules Dumont D'Urville. Il trouva la mort à l'âge de 51 ans, avec sa femme Adèle et son fils de 16 ans, le 8 mai 1842, dans l'accident de train de Meudon, une des premières catastrophes ferroviaires françaises."
Au dernier comptage, ils étaient plus de 8200 individus, répartis en plusieurs groupes, constituant la grande manchotière de l'archipel Pointe Géologie.
Pendant cette
période et jusqu'à l'éclosion, le manchot empereur mâle va
porter l’œuf sur ses pattes, en le recouvrant d'un épais repli de peau
pour le protéger du froid. Ils se regrouperont pour former des "tortues", dans lesquelles ils seront suffisamment serrés pour se protéger du froid.
La prochaine étape du cycle reproductif des manchots sera l'éclosion des œufs à partit de mi-juillet.
Il y a 62 ans, sur les ondes radio HF à 19000km de DDU
Le 1er contact Radio HF entre deux expéditions Polaires Françaises situées l’une au Groenland et l’autre en Terre Adélie fut effectué en 1959 par René Merle.
Il y a 16 ans, sur les ondes radio HF à 1100km de Dumont d’Urville
Contact RADIO HF pour le 1er hivernage de CONCORDIA et récit des premiers préparatifs de la Midwinter à Dome C raconté par Pascal BORDAIS (cf. extrait vidéo Youtube ci-dessous)
En utilisant l’émetteur 1kw , à tubes électroniques de puissance, sur une antenne W3HH.
Lors de la relève 2004, une réparation majeure sur l’antenne de l’émetteur a été filmée . - L’antenne avait été endommagée lors d’une tempête.
Les deux haubans ont cédé et il était indispensable de les remplacer.L'intervention a été filmée (cf. vidéo You Tube ci-dessous).
Enfin plus
récemment, pendant les campagnes d’été 2005-2006, des liaisons radio HF
ont été établies avec la base italienne Mario ZUCCHELI.
Aujourd’hui, avec l’évolution des techniques, certains pensent que la Radio longue distance n’a plus sa place dans les télécommunications modernes avec les satellites. Et pourtant nous ne sommes pas à l’abri d’avoir nos satellites inopérants lors d’énormes éruptions solaires.
En cas de défaillance de ces liaisons spatiales, les liaisons radios seront indispensables, même avec une absence totale de propagation pendant plusieurs jours. « Ce fut le cas en 1959, où René Merle relate que durant les périodes de forte activité aurorale observées à Dumont d’Urville en juin , juillet et aout, ont souvent provoqué une absence totale de propagation pendant 8 ou 10 jours ».