06 mars 2021

Le Fulmar argenté

Appelé également Fulmar antarctique ou Fulmar austral (Fulmarus glacialoides), cet oiseau d'environ 800 grammes niche dans la falaise située sous le dortoir des hivernants (le bâtiment 42) et la centrale électrique.

© Nathan CELLE - Institut Polaire Français

Cet oiseau fait l'objet chaque année d'un suivi par le programme 109 "ornithoéco". Tous les nids, plus d'une centaine, sont identifiés par un numéro.

© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français
 
© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français

D’une longueur de 45 à 50 cm pour une envergure pouvant atteindre 120cm, ils ont une longévité de 25 à 30 ans et atteignent leur maturité sexuelle à l'âge de 6 ans.

© Nathan CELLE - Institut Polaire Français

© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français

D'octobre à avril, ces oiseaux viennent se reproduire à DDU et nourrir leurs poussins jusqu'à l'émancipation thermique de ces derniers.
 
© Nathan CELLE - Institut Polaire Français
 
Les couples, plutôt fidèles, reviennent chaque année sur le même nid.

© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français

Les Fulmars se nourrissent de poissons, crustacés et calamars capturés essentiellement en surface mais peuvent également plonger à faible profondeur si nécessaire.
 
© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français
 
© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français

© Camille MERMILLON - Institut Polaire Français

A partir d'avril, les Fulmars antarctiques quittent la falaise de l'île des Pétrels pour remonter vers le nord (vers le 45°S) et passer l'hiver austral dans des zones plus clémentes.

03 mars 2021

La banquise en formation

Le mois de février 2021 a été plus froid que la moyenne, avec des températures inférieures d'environ 1,5°C à celles constatées habituellement.
Le record de froid (depuis l'existence de la station) pour ce dernier mois d'été a été battu le 25/02 avec -17,5 °C.
La température reste très basse pour ce début de mois de mars.
© Météo France

En conséquence, la banquise commence à se former selon le processus habituel. Sur le photo satellite ci-dessous, en date du 28/02, la pellicule de glace est bien visible sur la surface de la mer, notamment à l'ouest du glacier de L'Astrolabe.

© Union Européenne - Copernicus Sentinel data 2021

Cette fine couche de glace mince et élastique s’appelle le nilas. Elle ondule sous les vagues et la houle en formant, sous la pression, des avancées en forme de
« doigts » entrecroisés. Surface d'un aspect mat, le nilas sombre fait moins de 5cm d'épaisseur et le nilas clair plus de 5cm.
Les différentes étapes du processus de formation de la banquise sont les
suivantes :

Frasil © Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français

L'eau de mer prend une consistance pâteuse, avec un aspect huileux et légèrement jaunâtre. Cette texture s'appelle le frasil, qu devient ensuite le sorbet en prenant de la consistance.

Glace en crêpe ou "pan cakes" © Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français

Dans un second temps, des galettes de glace appelées "pancakes" se forment. Les bords sont légèrement relevés car les galettes se frottent entre-elles avec le vent et la houle.

© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français
 
Puis, elles finissent par se coller....
 
© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français
...et enfin se souder.
 
© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français
 
Cette jeune glace reste fragile car peu épaisse et elle se fracture facilement sous l'effet de la houle.
 
© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français

A ce stade, la banquise n'est pas praticable.

© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français

Si les températures restent basses (<-10°C) dans les jours qui viennent, la phase de cimentation pourra débuter.
Il s'agit de la consolidation et de l’épaississement de la glace de mer.
A ce stade, elle deviendra grise voire blanche et sera praticable pour un piéton à partir de 20 cm d’épaisseur.

01 mars 2021

Un éléphant, ça trompe énormément...

De loin, il ressemble à un phoque de Weddell...
 
© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français
 
...mais il s'agit en fait d'un jeune éléphant de mer (Mirounga leonina) que l'on rencontre habituellement sur les côtes des îles subantarctiques où il se reproduit.

© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français
 
Il est rarement observé à Dumont D'Urville.
 
© Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français
 
Cet éléphant de mer est jeune (environ 18 mois), et effectue sa mue (sa peau pèle et se renouvelle).
Adulte, il pourra peser jusqu'à 3,7 tonnes et peut-être ressembler à l'individu de la photo ci-dessous prise à Crozet.

Crozet 2013 - CRO51 © Serge FUSTER - TAAF/Institut Polaire Français

Les narines qui se développent chez les mâles dominants ont une forme de trompe, appelée proboscis, qui est à l'origine du nom d'éléphant de mer.

26 février 2021

Vues d'hélico !

L’hélicoptère est le couteau suisse de la campagne d'été.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Il permet de transporter marchandises et passagers sur les différents sites de l'archipel.

Base Dumont D'Urville © Armand PATOIR - Institut Polaire Français

Chaque voyage à bord de l'Écureuil Airbus AS-350-B3 de la compagnie Canadian Helicopters est l'occasion d'admirer les paysages et de faire quelques photos à partager.

Station Robert Guillard © Armand PATOIR - Institut Polaire Français

Glacier de L'Astrolabe © Armand PATOIR - Institut Polaire Français

Glacier de L'Astrolabe © Camille MERMILLON - Institut Polaire Français
Crevasses su glacier de L'Astrolabe © Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Iceberg © Armand PATOIR - Institut Polaire Français

Le long du glacier © Armand PATOIR - Institut Polaire Français

Iceberg © Armand PATOIR - Institut Polaire Français

L'hélicoptère, son pilote Gilles et son mécanicien Benjamin sont repartis à R4.

23 février 2021

Retour sur le raid SAMBA

En complément de l'article sur le départ du raid SAMBA le 2 janvier dernier (voir ici :  http://terreadelie-antarctique.blogspot.com/2021/01/depart-du-raid-scientifique-samba-le-2.html), quelques précisions et photos supplémentaires sur cette opération renouvelée chaque année.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

SAMBA (pour SurfAce Mass Balance of Antarctica) est un petit raid scientifique qui se déplace le long de la piste du raid logistique, pour mesurer une ligne de balises déployées sur 150 km à l'intérieur du continent.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Les deux premiers jours, Gauthier, Antoine et Ana se sont rendus à l’extrémité de la route.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Ensuite, en redescendant vers la côte, ils se sont arrêtés à chaque balise (79 au total) pour en mesurer l'émergence et faire un carottage.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Ces données collectées sont utilisées dans des modèles qui calculent la quantité de glace gagnée ou perdue par le continent.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Cela est essentiel pour prévoir par exemple la hausse du niveau des océans.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français
 
Cette année le raid s'est déroulé sur 6,5 jours, juste après nouvel an.

© Ana HERAS DURAN - Institut Polaire Français

Tout s'est bien déroulé pour le trio, malgré la tempête Raphaël qui les a retenus dans leur caravane pendant 36h.