Plus souvent dehors que dedans, elles connaissent tous les
recoins des îles de l’archipel, la position des colonies d’oiseaux, les zones
de repos des phoques.
Ainsi dans le cadre de leurs différents programmes
scientifiques elles doivent baguer, compter, photographier, enregistrer…c’est
un travail continu et harassant qui est très dépendant des conditions
météorologiques.
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Les deux Biomettes « beaucoup
trop stylées » © Laurent Le
Guiniec - TAAF
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Servane est donc l’écologiste du
programme 109 : « ORNITHOECO » - Oiseaux et mammifères marins sentinelles des changements globaux dans
l’océan austral.
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Servane, tout sourire en découvrant
son nouveau terrain de jeux à son arrivée en octobre 2022. © Vianney Michelet - IPEV
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Son rôle est essentiellement de réaliser le suivi des 9 espèces d’oiseaux
et de mammifères marins, listées ci-dessous, se reproduisant en Terre Adélie.
En tant que prédateurs marins, ces espèces sont des bio-indicateurs
environnementaux, aussi connues sous le nom d’espèces sentinelles. Ainsi, grâce
aux études à long terme (démographie, dynamique des populations, phénologie,
etc.), il est possible de comprendre comment ces oiseaux et mammifères marins
réagissent aux changements de leurs écosystèmes, ce qui permet aussi de déduire
comment les écosystèmes marins sont impactés par les changements globaux.
Pour en savoir plus sur le labo et
les objectifs du programme: https://www.cebc.cnrs.fr/recherche/les-observatoires/ornithoeco-2/
Durant l’été, le rythme de travail de Servane a été
dicté par le cycle de reproduction de toutes les espèces étudiées (excepté le
manchot Empereur se reproduisant en hiver).
On a pu l’apercevoir sur l’île des
Pétrels lors des différents suivis qu’elle a réalisés dans les colonies d’études
de pétrels des neiges, damiers du Cap ou fulmars antarctiques ou lors de comptages
et contrôles des nids d’études d’océanites de Wilson.
Sinon, elle était sans
doute en train de parcourir l’archipel pour dénombrer les couples reproducteurs
de skuas antarctiques et manchot Adélie,
notamment, ou encore pour compter et transponder les phoques de Weddell.
Une grosse partie de son travail a aussi concerné
le baguage des poussins. Le baguage permet de connaitre le parcours de vie des
individus et de suivre l’évolution des populations de
l’archipel.
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Tous les ans, toutes des
colonies de manchot Adélie de l’archipel Pointe Géologie sont prospectées à
trois reprises afin de connaître, année après année, le nombre exact de couples
reproducteurs et l’évolution de la reproduction au cours de la saison. Cela se
fait, au maximum à pied
lorsque la banquise le permet, en comptage direct, ou par voie aérienne
via des photo-comptages, comme ici. © Agnès Lewden - CNRS
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Baguage d’un poussin pétrel
des neiges lors du baguage dit « massif » qui consiste à baguer tous
les poussins de pétrel des neiges et damier du Cap de l’archipel Pointe
Géologie éclos durant la saison de reproduction. Tous les poussins de skua antarctique, fulmar antarctique et pétrel géant antarctique sont aussi bagués
lors de différentes manips. © Thomas Lochard - IPEV
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Chaque été, des études complémentaires sont menées en parallèle des projets à
long terme. Cette année une étude toxicologique a été menée afin de déterminer
la concentration de polluants, tels que les PFAS (des tensioactifs présents dans
bon nombre de nos produits du quotidien), dans l’environnement via les oiseaux
marins.
Une autre étude vise à déterminer les aires de répartition et donc de nourrissage
des pétrels géants antarctiques (PGA) durant l’été austral. Pour cela, et pour la
première fois, des GLS (Geo Localisator Sensor) permettant de collecter des données
de localisation sur plus d’une année, ont été déployés.
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Pose de GLS, en douceur et avec grande précaution, sur la
patte d’un pétrel géant antarctique © Jimmy ALLAIN - IPEV
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L’hiver se faisant de plus en
plus ressentir au fur et à mesure que l’hivernage avance, les îles se sont
progressivement vidées. Seuls quelques PGA peuvent
encore être observés dans le ciel et Servane contrôle précautionneusement les
derniers poussins prêts à quitter ces terres à leur tour.
Ils laissent
donc place aux manchots empereurs qui retiendront toute son attention, tout au
long de l’hiver. Elle suit et suivra de près la dynamique de la population en
comptant les colonnes d’arrivées et de départs tout au long de la saison, et en
posant des antennes de détection d’individus transpondés (mutualisés avec le
prog. 137). Avec Coralie, elles réaliseront ensemble des passages quotidiens à
la manchotière .
Servane surveillera attentivement
l’évolution de la reproduction tout au long de l’hiver et passera ensuite des
heures à observer la colonie pour étudier le phénomène de rapt des poussins par
les parents, après la perte de leur propre poussin.
S’ensuivra le transpondage
d’un échantillon de poussins, réalisé en partenariat par les deux programmes
(109 et 137), qui sera l’occasion pour leurs co-hivernants et les campagnards
de ressentir la force et la résistance de cette incroyable espèce qu’est le manchot empereur.
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| Manchotière, ou Rookerie, située entre le
Nunatak et le glacier de l’Astrolabe © Servane Kiss - IPEV |
Coralie est quant à elle vétérinaire
et hiverne cette année pour le programme 137 « ECOPHY-ANTAVIA » - Stratégies
adaptatives et dynamique spatio-temporelle des populations de prédateurs marins
face aux changements rapides de leur environnement.
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Coralie, contente de débuter
l’hivernage à DDU ! © Louis Grauwin - IPEV
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Son rôle est d’étudier les
adaptations du manchot Adélie (Pygoscelis
adeliae) et du manchot empereur (Aptenodytes forsteri), utilisées comme espèces sentinelles face aux changements
environnementaux actuels et à venir, dans le cadre de ce programme à long terme
(Observatoires du vivant).
Pour en savoir plus sur les
objectifs du programme: https://institut-polaire.fr/fr/programmes_soutenus/strategies-adaptatives-et-dynamique-spatio-temporelle-des-populations-de-predateurs-marins-face-aux-changements-rapides-de-leur-environnement/
L’été, c’est principalement la
saison de reproduction des manchots Adélie de la colonie d’étude ANTAVIA qui a
rythmé les journées et les nuits de veille de Coralie : maintenance du
système de pesée et de détection des entrées et sorties des individus présents
sur la colonie, suivi biquotidien de couples d’intérêt et de leur descendance,
équipement de biologgers pour étudier le comportement en mer, transpondage de
la cohorte de poussins, déploiement d’antennes sur l’archipel pour étudier la
dispersion des individus transpondés les années précédentes, etc.
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Recherche de manchots Adélie
transpondés à Port-Martin, à l'aide d'une perche de détection. L'objectif est
d'étudier la dispersion des manchots Adélie transpondés sur la colonie ANTAVIA
(DDU) vers d'autres colonies de l'Archipel de Pointe Géologie, et dans ce cas
particulier, sur d’autres territoires antarctiques plus éloignés. © Gregory
Tran - IPEV.
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Coralie postée en hauteur,
contrôlant les couples de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) suivis sur la
colonie ANTAVIA de l’île des Pétrels. Rituel biquotidien de la campagne d’été,
avec un suivi des individus (mâle, femelle ou couple) présents sur les nids
suivis et de la présence d’œufs ou de poussins. © Arnaud Reboud - IPEV
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Depuis le début de l’hiver, c’est
sur la colonie des manchots empereurs (Aptenodytesforsteri) que Coralie passe ses journées lorsque la météo est conciliante.
Là
aussi les activités ne manquent pas : comptages hebdomadaires de la population
présente, suivi de plusieurs couples reproducteurs et enregistrement de leurs
chants, déploiement d’antennes pour étudier le retour sur la colonie des individus
transpondés les années précédentes, utilisation d’appareils photos pour étudier
la formation des tortues (rassemblement des manchots pour se protéger du froid
et du vent) et les déplacements de la colonie, transpondage d’une partie de la
cohorte de poussins conjointement avec le programme 109, etc.
Régulièrement, Coralie et Servane sollicitent les autres
hivernants pour les accompagner et les aider pour les manips. Cela permet à
chacun d’entre nous de participer concrètement à une partie des activités
scientifiques et de découvrir cette faune si riche.
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Judith, allongée sans bouger dans le froid, surveillant si
les manchots empereurs (Aptenodytes forsteri), en train d’arriver depuis la mer
vers la colonie, sont transpondés. © Coralie Cazals - IPEV
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Servane et Pauline de bonne heure sur le Nunatak lors de
la reconnaissance banquise avec le Dista après les tempêtes Pierre et Laurent,
afin de rouvrir l’accès à Rostand et au Nunatak et permettre la reprise des
manips des deux programmes. © Laurent Le Guiniec
- TAAF
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Arnaud et Louis, heureux de tirer le matériel bien lourd du
programme 137 (batteries, panneaux solaires…) jusqu’au Nunatak, où se situe la
colonie de manchots empereurs (Aptenodytes forsteri). © Coralie Cazals - IPEV
Rédaction : Servane Kiss, Coralie Cazals et le Dista
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