Un peu comme en métropole, la période des fêtes a été marquante à plusieurs égards. Ce fut une période chargée en activités logistiques, scientifiques et festives !
Une météo étrange
D’un point de vue météo, décembre aura été un mois particulièrement doux. Le jour de Noël, nous avons enregistré une température de 8,4°C, soit la 6e journée la plus chaude enregistrée depuis le début des mesures en 1956. C’était également la 2e journée la plus chaude pour un mois de décembre depuis 1956 (record 9,9°C en décembre 2001). Décembre 2025 a aussi été le 4e mois le plus chaud enregistré.
Ce mois de décembre a compté 14 jours de neige (pour une normale de 8,1), 22 jours de vent fort (pour une normale de 20.8) et 7 jours de vent supérieur ou égal à 100 km/h (pour une normale de 6,2). Nous avons aussi enregistré un des mois de décembre les moins ensoleillés de l’histoire de la station (le précédent record date de 1991).
Nous y reviendrons par la suite, mais ces conditions météo auront causé bien des soucis à L’Astrolabe dans son approche de la station mais aura aussi eu un gros impact sur nos opérations héliportées et empêche toujours l'arrivée du 4e vol de la campagne d'été.
Deuxième rotation (R1) de la saison pour L’Astrolabe
Contrairement à tous les pronostics, le franchissement du pack de glaces aura été extrêmement complexe pour les marins de la Marine nationale. Ils auront consacré 7 jours, une durée notablement longue pour une fin décembre, à braver ce pack très compact, un temps très nuageux, venteux et neigeux rendant la navigation difficile.
Par une belle journée ensoleillée (chose rare ces dernières semaines !), L’Astrolabe a débarqué le 27 décembre ses 20 passagers : les 7 derniers hivernants cette 76e mission polaire en Terre Adélie (la TA 76), 6 campagnards d’été et visiteurs, ici pour quelques jours ou quelques semaines, et 7 Australiens relevés à Macquarie Island, sur la route, qui repartiront pour Hobart. Nous avons donc profité de cet inattendu rayon de soleil pour prendre la photo de mission qui nous a servi pour la carte de vœux.
La banquise autour de DDU s’étendait à plus de 3,5 km, là aussi un phénomène que nous n’avions pas vécu depuis 2017. L’Astrolabe en bon brise-glace a réussi à se frayer un chemin jusqu’à l’anse du Lion, qui sépare l’île des Pétrels de la zone logistique de l’île du Lion. L’approche du quai, dans une glace encore épaisse de plus d’un mètre et à proximité de hauts fonds, s'est avéré trop risqué et le bateau, empêché d'accoster, s’est mis en appui banquise au milieu de l’anse du Lion.
L’Astrolabe dans l’anse du Lion. Photo :
Nicolas Puvis (DISTA) |
Les jours qui ont suivi ont été mis à profit pour décharger quelque 340 m3 de carburant en tirant des manches depuis le bateau vers les cuves sur le Lion. Les 65 tonnes de vivres et de matériel auront nécessité quelques 165 sauts de puce de l’hélicoptère entre le navire et les lieux de déchargement sur le Lion, sur l’île des Pétrels ou à Prudhomme. Trois journées de manutention bien intenses pour les marins et pour les équipes de l’IPEV impliquées dans ces opérations. Quelques charges trop lourdes pour être héliportées (et qui auraient dû être déchargées par la grue de L’Astrolabe directement sur le quai) repartiront à Hobart et seront déchargées fin janvier lors de la prochaine rotation.
L’Astrolabe dans l’anse du Lion. Photo : Grégory
Tran (responsable des opérations IPEV) |
Nous profitons de cet article pour saluer tous les marins de l’équipage A de L’Astrolabe qui seront relevés d’ici quelques jours à Hobart par l’équipage B. Pour une bonne partie d’entre eux, dont le Commandant, c’était la dernière rotation vers la Terre Adélie. Qu’ils soient remerciés de leur travail et de leur soutien indispensable à notre présence au bout du monde.
Nous avons également dit au revoir à 10 hivernants sortants, personnels IPEV et Météo France. Les départs sont souvent un moment d’émotion. D’abord pour Amandine et Adèle, les deux dernières représentantes de la TA 75 qui resteront jusqu’à début février, et qui voient leurs co-hivernants partir. Pour ceux qui partent aussi, parce que le temps de la dispersion du groupe est arrivé et que cette tranche de vie qu’ils ont vécue, individuellement et collectivement, se clôture. Et pour chacun d’entre nous qui avions tissé des liens, même brefs, durant ces quelques semaines passées ensemble.
Un avion nommé désir
Toujours pour cause de météo peu favorable, nous sommes en attente depuis le 27 décembre du 4e vol de la saison. Il est censé nous ramener 3 personnes de la station Concordia et y emmener 5 autres, ainsi que du fret. Nous aurons sans doute l'occasion de détailler plus tard dans la saison toute la logistique et la mobilisation de personnels autour de ces vols, coordonnés entre DDU, Concordia et la station italienne Mario Zucchelli. Décaler ces vols de jour en jour en fonction de la météo implique donc beaucoup de travail, peu récompensé jusque-là.
Le Raid Log
Comme nous l’indiquions dans un article précédent, le premier raid logistique de la saison (le 81e depuis près de 30 ans) s’est bouclé le 20 décembre, après 22 jours : 10 jours à l’aller, 3 jours sur place à décharger et se reposer, et 9 jours à la redescente. Sur le chemin du retour, ils ont pu passer la dernière soirée à D47, où était stationnée l’équipe du Raid Science. Un moment de retrouvailles et de chaleur humaine appréciable à ces latitudes ! Une fois arrivé, pas de temps à perdre pour l’équipe à Prudhomme. Il faut déjà préparer le départ du prochain raid, qui se fera dès cette semaine. Pas de repos (ou presque) pour les braves !
La caravane du raid logistique, en
chemin et à son arrivée à Concordia. Photos : Antoine Baudy (technicien
polyvalent raid log) |
Le Raid Science
De son côté, le raid science a poursuivi sa progression sur le continent. Juste après Noël, il est arrivé à mi-parcours. Nous aurons l’occasion de détailler cette première séquence dans un article à venir. Cela a surtout signifié le départ de 3 des leurs (Inès, Morgane et Aubin du projet AWACA) qui sont repassé à DDU avant de s’envoler vers Concordia poursuivre leur mission. Après 34 jours partagés ensemble, le moment du départ est toujours particulier, et jamais vraiment simple. Dans ce contexte isolé et exigeant, les liens se tissent naturellement, au fil des journées de travail, des contraintes météo et des moments de vie partagés. Mais les 4 restants (Nicolas, Céline, Victor et Félix) sont vite rejoints par Manu et Arnaud pour les projets STR3ART et SAMBA, qui ont quitté leurs quartiers à Prudhomme, pour la seconde partie de ce raid science.
Le Raid Science. Photos :
Nicolas Pernin (coordinateur du raid science) |
Dans un prochain article, nous reviendrons sur les aspects plus festifs de cette fin d’année.
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